L'Antre

« - Pardon, c’est bien ici la soirée zombies ?
- Bienvenue dans l’Antre… »

mother-of-tears

Scène hypothétique d'un antre (image tirée de Mother of Tears)

Antre n.m. Selon le Larousse de poche :  « Grotte, caverne, tanière. » Cette définition est correcte mais bien trop générale en vérité. L’antre  est plus précisément le lieu où se rassemblent les amateurs de films d’horreur. Il constitue un espace de préférence fermé et – tacitement ou non – interdit d’entrée aux non-amateurs, en particulier aux parasites qui affectionnent de venir critiquer (en plein film, qui plus est !) ce genre cinématographique « violent et barbare ». Bien sûr, en pratique, toute personne qui a envie de se poiler est admise, et les règles sont en réalité moins strictes que les amateurs veulent le faire croire. L’antre doit être impérativement muni d’un appareillage servant à regarder un film. Sinon, ce n’est pas un antre, point. Cet appareillage peut consister en un projecteur, une télévision, un écran d’ordinateur, etc. L’antre est souvent plongé dans une obscurité partielle (dans le cas où l’on mange et l’on boit) ou totale. Mis à part ces quelques lois plus ou moins récurrentes, son établissement est assez libre : l’antre peut être permanent ou installé de manière seulement périodique ; il peut être décoré ou non, propre ou sale. On y trouve fréquemment des fauteuils très mous et confortables ainsi qu’un repose-pieds.

En ce qui concerne les us et coutumes pratiqués dans l’antre, on constate que les personnes qui le fréquentent y consomment la plupart du temps des aliments gras et mauvais pour la santé et s’y abreuvent en grande majorité de bière. Certains tabous disparaissent, et d’aucuns n’hésitent pas à roter ou à parler vulgairement. On considère que rire et être effrayé sont deux éléments importants d’une soirée dans l’antre ; une soirée sera dite seulement « sympa » (par politesse) si aucun de ces deux objectifs n’a été rempli. Ce genre de cas est cependant rare. Si le film est un navet putride, les amateurs ont une tendance naturelle à faire en sorte qu’il devienne drôle par le truchement de détournements, d’interpellations aux héros, de blagues d’un goût douteux, etc.