2006, réalisé par John Carpenter
Masters of Horror, épisode 8
Note : 8/10
Barème du gore :
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Trouillomètre :
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C’est avec le plus grand plaisir que l’on a retrouvé notre cher Carpenter qui, depuis 2001 et son Ghosts of Mars, n’avait plus rien réalisé. Le papa de Halloween, The Thing ou encore New York 1997 est resté fidèle à ses penchants et Cigarette Burns a un souffle fantastique qui n’est pas pour nous déplaire.
L’histoire est celle d’un projectionniste, propriétaire de son cinéma mais ennuyé financièrement par le père de sa défunte petite amie, qui s’est suicidée quelques années auparavant. Pour arrondir les fins de mois (et, accessoirement, se sortir de la mouise), il loue ses talents de cinéphile à un riche collectionneur à la poursuite d’un film, diffusé une seule fois puis soi-disant détruit : « La fin absolue du monde. » Un film si horrible que, dit-on, l’audience en serait venue à s’entretuer, prise de folie sanguinaire à la vue des images coupées à la perfection. La mission de notre jeune ami n’est donc pas sans risques…
De visites en visites, il s’approche toujours un peu plus dangereusement de la copie de « La fin absolue du monde », et se frotte notamment à un collectionneur fanatique qui n’hésite pas à faire couler du vrai sang devant la caméra. Les quelques scènes (très) gores de cet épisode sont d’ailleurs particulièrement secouantes ; au-delà de l’inventivité et de la cruauté, c’est le mysticisme de cette mise en abyme qui frappe l’imagination. « La fin absolue du monde » agit comme un démon passif ; les spectateurs deviennent possédés et n’aspirent plus qu’à la mort et la souffrance comme après une révélation.
Carpenter s’est clairement fait plaisir mais va plus loin : il mène une réflexion habile sur le rôle du cinéma, ses limites et son infinitude. Il prouve qu’il mérite le titre de « maître de l’horreur ».
