2007, réalisé par David Slade
Note : 4 / 10
Barème du gore
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Trouillomètre

Chaque année, à la même période, la petite ville de Barrow, au Nord de l’Alaska, connait un exode massif : les trois quarts de ses habitants la quittent pour une période de 30 jours. 30 jours pendant lesquels le soleil ne se lèvera pas une seule fois… Les vampires, ayant eu vent de cette occasion rêvée de s’offrir un festin sans devoir craindre les rayons mortels, se sont bien évidemment empressés d’encercler la ville.
Alors que le soleil est sur le point de se coucher pour la dernière fois avant un mois et que la plupart des habitants ont déjà quitté la ville, des événements étranges et pour le moins inquiétants se produisent : des gens disparaissent, des chiens sont sauvagement massacrés, ce genre de choses… Eben, le jeune sheriff de Barrow, est sur le qui-vive. Alors qu’il fait son enquête, il apprend que son ex, la jolie Stella (Melissa George) a raté son avion et se retrouve « coincée » pour 30 jours dans la nuit et le froid. Ensemble et avec une poignée d’autres personnes dont le frère d’Eben, ils vont tâcher de survivre à la soif inextinguible des vampires jusqu’à l’aube.
Le film repose donc assez clairement sur un énoncé extrêmement simple : en Alaska, 30 jours par an, le soleil ne se lève pas. Autrement dit, un excellent prétexte pour un film de vampires. Sauf que l’action aurait pu se passer en 3 jours à peine dans une station balnéaire. En effet, ni l’élément temporel, ni l’aspect climatique n’ont l’air d’avoir été pris en compte. Certes, il y a de la neige partout et il fait nuit pendant toute la durée du film, ou presque. Mais dans une ville privée d’électricité et où un violent blizzard s’invite régulièrement, nos héros, coincés pendant plusieurs jours dans un grenier sans pouvoir faire un bruit ni allumer le moindre feu (autant crier tout de suite aux vampires qu’il y a du sang frais à disposition), ne semblent pas avoir froid. C’est tout juste s’il y a un peu de buée quand ils parlent.
Quand à l’aspect chronologique, il est pour le moins confus : 30 jours se passent et on a l’impression que quelques heures à peine se sont écoulées. La raison en est simple : on ne voit à peu près jamais les survivants manger, dormir, faire pipi ou s’emmerder, choses a priori normales pendant une période aussi longue. Les personnages ne pensent qu’à se cacher, un point c’est tout. Dès le début du film déjà, la vie quotidienne de la ville n’est évoquée que superficiellement, renforçant le sentiment d’artificialité, comme s’il ne s’agissait que d’un décor, et pas d’un endroit où des gens se lèvent, travaillent, font l’amour, dorment, font du traineau ou que sais-je encore.
Un sentiment d’incohérence, donc, renforcé par l’attitude des vampires, qui d’ailleurs semblent débarquer de nulle part. Ils apparaissent sporadiquement dès qu’il y a une victime à vider de son sang, puis repartent errer on ne sait où. Bon, il y a bien un chef, mais sans grand charisme. On ne saura jamais d’où ils venaient ni pourquoi ils sont si méchants (« parce que ! »).
Il n’y a pas que les vampires qui manquent de profondeur. On ne sait à peu près rien d’Eben et encore moins de sa relation avec son frère (sinon qu’ils sont frères) et avec son ex Stella, un personnage qui, très franchement, ne sert à rien, sinon comme faire-valoir d’Eben et qui, bien que mignonne, n’apporte aucune touche d’érotisme, même contenu. Cette absence d’intérêt des personnages aurait été compréhensible s’il s’était agi d’un gros délire gorissime où l’on se fout pas mal de l’avis de chacun. Mais hélas, il a fallu que David Slade insère des scènes dramatiques stéréotypées à l’extrême. Résultat : la grand-mère d’Eben se fait saigner, aucune émotion (sinon une franche rigolade, mais ce n’était pas l’effet souhaité) ; Eben doit achever un gentil monsieur avant qu’il ne se transforme en vampire, aucune émotion ; Eben se sacrifie, aucune émotion. En deux mots : du gaspillage de temps d’image.
Bien sûr, tout n’est pas à jeter dans 30 jours de nuit : l’action ne faiblit jamais et les vampires, au style des plus étudiés, sont repoussants à souhait – signalons d’ailleurs que David Slade s’est d’abord fait remarquer comme réalisateur de clips vidéos pour des groupes tels que Muse, System of a Down ou Aphex Twin. On ne se refait pas… Quelques scènes gores égayent le tout mais la plupart du temps, les tranchouillades les plus grisantes nous sont cachées. Bref, une (grosse) déception à presque tous les points de vue.
Pas tout à fait d’accord…
j’ai trouvé le film assez incohérent aussi.. je suis assez d’accord avec vous !
Entièrement d’accord avec cet avis ! Une belle déception, et la gestion du temps est tout simplement une catastrophe…