Les Aventures extraordinaires d'Adèle Blanc-Sec

blancsecvuaubifff12010, réalisé par Luc Besson
Note : 5/10

Vendredi 9 avril 2010. Nous nous rendons fièrement à l’évènement annuel dont nous n’avons de cesse d’évoquer l’existence tout au long de l’année, avec bien souvent sur nos visages une larme à l’œil nostalgique ou un filet de bave  dû à l’impatience. Cette année, c’est presque en sautillant de joie et d’allégresse que nous nous rendons à la porte d’entrée du Festival du Film Fantastique de Bruxelles avant de pénétrer dans le hall principal, découvrant avec horreur la nuée de bifffeurs présents pour l’avant-première mondiale que nous allions visionner quelques instants plus tard : Les Aventures extraordinaires d’Adèle Blanc-Sec .

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Arrivés dans la salle, quelques minutes passèrent avant que Luc Besson, Louise Bourgoin et Jean-Paul Rouve rejoignent le podium faisant face à 500 cinéphiles enragés. D’entrée de jeu, le public demanda à l’unisson la traditionnelle chanson des invités. Louise Bourgoin avait bien saisi l’enjeu de la situation et poussa sans hésiter un joli « Dominique-nique-nique-nique » qui ravît largement la bande d’acharnés présents dans l’antre. Quant à Besson, ne voulant pas se faire voler la vedette, il lui enleva rapidement le micro des mains, avant d’entamer approximativement « Michèle » de Lenormand. Jean-Paul Rouve, ne voulant pas se prêter à l’exercice, se fit copieusement huer pendant que Besson se voyait accorder le titre de « Chevalier de l’Ordre du Corbeau » accompagné d’une statuette représentant l’oiseau noir. Car en effet, il méritait ce cadeau en récompense de sa fidélité au BIFFF, qui en 1983, accueillait déjà l’un de ses premiers films Le dernier combat. Besson, décidément à l’aise avec l’auditoire, n’oublia d’ailleurs pas de mentionner que le festival était connu dans le monde entier pour son ambiance exceptionnelle et qu’il était ravi d’être présent 30 ans après sa première visite. Mais que fallait-il attendre de son dernier né ? Le film put commencer après que nos invités aient quitté la scène sous un tonnerre d’applaudissement.

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Directement, la patte Besson est visible : avec sa production impeccable, faisant jeu égal avec les blockbusters américains du même genre, le film est minutieusement soigné dans les décors, les costumes et le maquillage, retranscrivant parfaitement l’époque de l’aventure (rien d’étonnant finalement de la part du réalisateur français exporté à Hollywood depuis 20 ans). En cette année 1912, Adèle se retrouve en Égypte, à la recherche de la momie du médecin personnel de Ramsès II, dans l’espoir de soigner sa sœur, à l’état de légume depuis un accident tragique (et cocasse). Pendant ce temps, à Paris, un mystérieux œuf éclot dans un musée et un ptérodactyle s’envole dans les rues de la capitale, semant la panique générale. On apprend par la suite que c’est ce bon vieux Esperandieu, éminent scientifique rabougri, qui est à l’origine de ce phénomène mystérieux. Adèle, quant à elle, s’enfuit des griffes du Professeur Dieuleveult décidément jaloux de la réussite de la journaliste, et revient à Paris.

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Adèle Blanc-Sec est bien entendu jouée par la jolie Louise Bourgoin, anciennement miss météo au grand journal de Canal + qui, malgré quelques défauts récurrents de diction, s’en sort plutôt bien dans le rôle de cette feuilletoniste aventurière. A côté d’elle, une brochette d’acteurs très connus fait son apparition, tous semblant d’ailleurs parfaitement impliqués dans leur sujet. Ceux-ci sont mis en scène à travers des dialogues souvent drôles et des situations qui font régulièrement sourire tout au long du film.

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Le scénario mélange plusieurs aventures d’Adèle Blanc-Sec, notamment Adèle et la Bête, premier album de Tardi en 1976. Un mélange d’ailleurs assez visible à l’écran, même pour les néophytes : Adèle passe du coq à l’âne régulièrement, ne se souciant que de sa sœur ; peu importe si la guérison de celle-ci provoque le chaos dans les rues ou coute même la vie d’autres personnes. Cette histoire de ptérodactyle est d’ailleurs bien plus anecdotique qu’on veut nous le faire croire, l’animal ne servant quasi en rien à l’intrigue. Étrange, tant la promo du film est basée sur des images du dinosaure.

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Au final, on assiste à un bon spectacle familial, qui peut faire penser au film Benjamin Gates ou à La Momie, la touche française en plus. Divertissant et pétillant à souhait, le film se laisse consommer jusqu’à la fin mais sans jamais surprendre réellement. On peut tout de même reprocher à Besson d’avoir de moins en moins d’ambition, lorsqu’on pense à des films comme Le 5ème élément, Léon ou encore Nikita. Quand nous fera-t-il rêver  à nouveau avec des univers totalement originaux comme il l’a fait dans le passé ? Quoiqu’il en soit, Adèle Blanc-Sec est donc un bon petit film d’aventure fantastique, genre très rare dans le paysage du cinéma français, qui aura sans aucun doute son succès en salle mais qui sera vite oublié par les spectateurs tant le scénario semble confus et raccourci par moments. A noter qu’étant avant tout amateurs de sensations fortes, nous avons apprécié particulièrement deux choses dans le film : la scène du bain et celle du match de tennis. L’une est intéressante pour se rincer l’œil et l’autre fera pousser un cri de dégout aux spectateurs qui ne seront surement pas habitués à ce genre de surprise. Mais on ne vous en dit pas plus.