[Critique] Cargo

Avec Cargo, on avait de quoi se poser des questions. Le menu semblait un peu incongru : un film de SF suisse en langue allemande et, qui plus est, à petit budget. Avouez que ça semblait déjà mal parti. Pourtant, il s’avère être une bonne surprise qui trouvera son public.

Année de production : 2009
Pays : SuisseDurée : 1h52

Réalisé par I.Engler, R. Etter
Ecrit par Arnold Bucher, Ivan Engler, Patrik Steinmann, Thilo Röscheisen, Johnny Hartmann
Avec Anna-Katharina Schwabroh, Martin Rapold, Regula Grauwiller
Budget : 5 millions de dollars environ
Titres : Cargo


Dans l’hyperespace, une immense station mouvante se confond avec les astres, abritant en son sein plusieurs mégalopoles, où s’entasse misérablement la population humaine qui a survécu au désastre écologique qui fut fatal à la terre. Au milieu de cette froideur spatiale et des maladies que génère la proximité des uns et des autres, Laura, médecin, attend son départ. Un dernier voyage professionnel de ravitaillement l’attend et lui permettra de payer son billet pour partir vers Rhéa, une planète habitable luxuriante qui, telle une lueur qui réchauffe ses entrailles, semble incarner pour elle le dernier espoir d’une vie meilleure. Mais cette dernière traversée vers une station éloignée va se révéler être un véritable calvaire pour Laura et l’équipage de la navette.  En effet, un événement inattendu les sort de leur coma artificiel…

A travers cette quête lente – parfois trop lente (serait-ce « l’effet suisse ? ») – vers Rhéa, Cargo nous emmène dans un monde intriguant. Doté d’une atmosphère très particulière et plongeant le spectateur dans une espèce d’anémie froide, le film ne manque pas de références évidentes à de nombreux classiques du genre. En revisitant Matrix, Alien et même 2001, Odyssée de l’espace, le scénario de Cargo séduit, surprend, mais s’essouffle rapidement et se perd à travers ces canons cinématographiques.

Le tout est assez inégal techniquement. On passe de superbes plans spatiaux à des environnements parfois trop sobres et à des faux raccords désopilants. Il faut tout de même noter que réaliser un film de SF avec peu de moyens relève, en soi, de la prouesse. Finalement, Cargo s’en sort pas mal du tout et seuls les plus méticuleux grincheront quelques fois durant le film.

Tantôt simple, tantôt complexe, Cargo affiche une certaine dualité, celle-ci s’expliquant peut-être par le fait que le film ait été co-réalisé. De fait, les deux réalisateurs donnent en plus l’impression d’hésiter entre la pure SF et l’horreur, sur fond de morale politique un peu hasardeuse. Ce grand patchwork parfois maladroit charmera sans aucun doute  les fans du genre mais agacera  et ennuiera les plus difficiles.

Pondération scientifique des rédacteurs

NOTE
5/10

BAREME DU GORE


TROUILLOMETRE
[+] Un scénario bien fichu
[+] Une photo par moments époustouflante
[+] Des références de taille
[-] Des effets spéciaux inégaux
[-] Une histoire parfois complexe à l’extrême
[-] Un patchwork qui ne plaira pas forcément à tout le monde