Dans un décor à la Mad Max, deux frères et leurs deux amies roulent à tombeau ouvert dans une Mercedes sur le toit de laquelle ils ont fixé une planche de surf. La mise en scène suggère habilement qu’ils vont simplement à la mer. Or on comprend progressivement que 1) c’est une voiture volée mais que 2) ils ne sont pas des voleurs et 3) qu’ils se sont simplement servis puisque tout le monde est mort à la suite d’une épidémie très, très, virulente. Tout le monde, sauf eux. Les quatre jeunes gens espèrent simplement avoir assez d’essence pour rejoindre la côte, où les deux garçons passaient leurs étés lorsqu’ils étaient gosses.
Année de production : 2009Pays : Etats-Unis Durée : 1h24 Réalisé par Àlex et David Pastor |
En français, le titre du film a été traduit par « Infectés », terme qui ne rend qu’à moitié le sens du titre original, « Carriers », qu’on pourrait traduire littéralement par « porteurs (sains) d’une maladie », ce qui est beaucoup moins sexy, certes, mais correspond bien mieux à l’esprit du film. C’est en effet beaucoup moins la maladie elle-même que l’état d’esprit de ceux qui la portent – ou croient la porter – qui est ici l’enjeu principal. Tout au plus sait-on qu’elle provoque une mort lente, très lente, à tel point que ce qui ressemble à première vue à un cadavre s’avère parfois être encore vivant. Mais Carriers ne va pas plus loin dans le zombie ; vous ne verrez pas un seul revenant tituber les deux bras tendus en avant et la mâchoire pendouillant négligemment avec un filet de sang à moitié séché.
Le propos est ici plutôt d’analyser le comportement de l’humain dans un contexte épidémique anxiogène où sa survie est plus qu’hypothétique. De la négation insouciante à l’égoïsme lorsqu’il s’agit de sauver sa peau, en passant par l’abandon des êtres aimés contaminés, préparez-vous à voir l’humanité dans ce qu’elle a de plus lamentable. Hélas, tout cela est traité avec trop de distance et de légèreté pour bouleverser véritablement le spectateur. L’objectif était ici manifestement de s’éloigner de la série B de base où la maladie transforme ceux qui l’attrapent en morts-vivants plus ou moins habiles et plus ou moins rusés ; un objectif rempli, certes, mais on n’y a guère gagné en profondeur. Par exemple, la décision de Brian (Chris Pine) de laisser sa copine infectée au bord de la route (scène poignante au demeurant) ne semble pas le torturer plus que ça, alors qu’il en était follement amoureux.
Le résultat ressemble à un film de zombies… sans zombies. L’intention est là, mais les situations sont éculées et sont celles que l’on rencontre habituellement dans les films de morts-vivants modernes. Du côté des acteurs, pas grand-chose à redire, sinon que Chris Pine a vraiment une tête à claques, avec un petit coup de cœur pour Lou Taylor Pucci. Leur duo de frères à l’écran est l’un des bons points du film. Une bonne petite péloche, donc, qui ne révolutionne pas le genre mais se laisse regarder, sinon avec intérêt, du moins avec attention.
Pondération scientifique des rédacteurs
| NOTE 6/10 BAREME DU GORE ![]() TROUILLOMETRE |
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[+] Un rythme assez soutenu [+] Des situations plutôt réalistes [+] Un film qui tient en haleine [+] Des acteurs convaincants |
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[-] Un film de zombies… sans zombies [-] Pas aussi profond qu’espéré [-] Somme toute, assez classique |



