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2010, réalisé par les frères Spierig
Note : 9/10
Barème du gore :
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Trouillomètre :
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Les frères Spierig nous avaient déjà étonné avec Undead, film ambitieux mais brouillon et avec peu de moyens. Ils ont visiblement tiré les leçons de ce premier long-métrage et nous offrent, avec Daybreakers, leur premier véritable chef-d’œuvre.
Ces deux Allemands d’origine, décidément très imaginatifs, nous ont cette fois encore pondu un scénario foisonnant, qui ne reproduit cependant pas les erreurs d’Undead, où l’on finissait par ne plus vraiment savoir comment on s’appelait. Le mélange des genres reste leur marque de fabrique puisqu’ils mêlent ici avec bonheur vampires et science-fiction. Nous sommes en effet en 2019, et peu de choses ont changé par rapport à 2010, si ce n’est que la majorité de la population a désormais des canines pointues, des iris jaunâtres, une peau pâle et froide et un cœur à l’arrêt. Dix ans auparavant, une épidémie s’est déclarée, transformant assez rapidement la majorité de la population en vampires.

Cependant l’ordre social est gravement menacé. Face à la pénurie d’humains, qui sont désormais des proies, et donc de sang frais, la colère gronde dans la population. Edward Dalton (Ethan Hawke), ému par le sort des humains, travaille activement à l’élaboration d’un substitut artificiel. L’enjeu est énorme : sans leur dose de sang quotidienne, les vampires mutent rapidement en des créatures cauchemardesques au comportement bestial. Charles Bromley (Sam Neill), à la tête de l’entreprise où travaille Edward, cherche quant à lui le profit avant tout et se soucie peu des humains. Il deviendra un ennemi potentiel lorsque Edward, avec l’aide d’un vampire miraculeusement redevenu humain (Willem Dafoe), trouvera un remède pour être à nouveau mortel.

Le film pourrait se contenter de ce scénario, mais il fourmille en plus de détails géniaux nés de la créativité débordante des frères Spierig. Pour se déplacer la journée, par exemple, les vampires activent le système de protection diurne de leur voiture : les vitres deviennent hermétiques à la lumière et la route apparaît sur des écrans reliés à des caméras. Autre petite trouvaille qui fait son effet : le café au sang humain, dont le dosage fluctue en fonction des réserves de l’Etat. L’univers de Daybreakers est cohérent et fouillé, raison pour laquelle il est si convaincant.

Pour combler les bifffeurs, il ne manquait plus que quelques scènes gores, ce que Daybreakers procure au-delà des espérances : vomis, sang et tripes sont de la partie, et pas qu’un peu. Quant à la créature qui s’introduit dans la maison d’Edward, elle est carrément effrayante ou, du moins, impressionnante. Les quelques effets spéciaux du film (étonnamment, il n’y en a pas tant que ça) sont d’ailleurs très réussis. Même la combustion des vampires qui avaient oublié leur protection solaire est du plus bel effet.

Le casting, plutôt prestigieux pour un film de genre, est à la hauteur de la situation, avec en outre des seconds rôles bien maîtrisés et intéressants. On reprochera peut-être à Sam Neill son jeu un peu monocorde d’un film à l’autre. Mis à part cela, on a du mal à trouver des défauts au film, y compris en ce qui concerne la mise en scène, qui ne souffre d’aucune longueur et offre quelques plans superbes, comme des paysages ou des ralentis très picturaux. Certaines scènes, comme celle où l’on voit de jeunes vampires – donc éternellement jeunes – fumer dans un abribus, l’air hagard, contribuent à l’atmosphère particulière qui se dégage du film.

Avec son scénario inspiré, sa réalisation sans faille, son casting impeccable et son univers original, Daybreakers est un film de genre de haut vol, l’élite de la série B. Il plaira tant aux amateurs confirmés qu’aux spectateurs (avertis) qui cherchent quelques sensations fortes.
