1985, réalisé par Lamberto Bava
Note : 7 / 10
Barème du gore
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Trouillomètre

Bienvenue au Metropolitan. Ce grand cinéma, disposant de nombreuses places, a certes perdu de son lustre et de sa gloire d’antan, mais il pourrait vous réservez quelques surprises… Des surprises auxquelles vous n’auriez jamais songé, même dans vos pires cauchemars.
Demons est une sorte de huit-clos, avec pour particularité que le lieu de l’action est lui-même un personnage à part entière, ou presque. Car c’est bien le Metropolitan, salle en déclin d’un Berlin-Ouest terne des années 80, qui empêche les spectateurs de s’échapper de son sein et fait proliférer des démons avides de chair humaine. Mais avant de révéler sa nature démoniaque, le Metropolitan diffuse à un public choisi (quoique varié) un film où il est justement question… de démons. L’angoisse la plus profonde qui nous envahit lorsqu’on regarde un film d’horreur – que cela puisse avoir lieu dans la réalité – est ici matérialisée par l’apparition, dans la salle du Metropolitan, d’une population de démons semblable à celle du film. Le point de convergence entre le réel et l’imaginaire étant un simple masque. Une mise en abîme puissante qui fait tout l’intérêt du film.
Sans cette thématique, il faut bien admettre que Demons ne serait qu’un survival classique, certes divertissant, mais sans plus. Un des grands points forts du film est de nous immerger sans attendre dans l’environnement du Metropolitan. Point de présentations laborieuses avec les personnages, dont l’attitude sur les sièges du cinéma est plus que suffisante pour les cerner. Des personnages assez originaux, d’ailleurs, les plus drôles (et les plus bizarres) étant sans doute cet homme aveugle et sa fille, celle-ci profitant de la cécité de son père pour flirter avec son amant sur le siège d’à côté. Autre qualité : on ne sait jamais qui va y passer et qui va survivre. On vous laisse prendre les paris.

Les choses se gâtent lorsqu’une des spectatrices, qui s’était coupé avec un masque apparemment anodin juste avant la séance, constate, précipitamment réfugiée dans les toilettes, que la coupure se transforme à vue d’œil en plaie purulente. Quelques minutes plus tard, la jeune femme aura pris l’apparence d’un démon enragé bavant une substance verte des plus dégueulasses. Il n’en faudra pas beaucoup plus pour que le mal se répande. Les démons, avant d’être laids et affamés, sont surtout particulièrement méchants et nous offrent des effusions gores tordantes, comme des arrachages de calottes crâniennes ou des extractions d’yeux. La transformation en démon est également décrite avec force détails.
Comme l’a très justement fait remarquer mon compère, Demons est un exemple typique de film « temporel » (par opposition à « intemporel »), et c’est ce qui fait sans doute son charme. Les vêtements des personnages, les effets de lumières et jeux de couleurs chers aux réalisateurs italiens de l’époque (voir notre chronique de Suspiria, de Dario Argento), l’ambiance générale relèvent d’une époque aujourd’hui révolue. L’arrivée, durant le cour du film, de post-punks cocaïnomanes violents poursuivis par la police, ne saurait que le confirmer. Une arrivée qui, d’ailleurs, ne change pas grand-chose au cours de l’histoire, mais passons.
Demons n’est pas un chef-d’œuvre. Très classique, à l’inspiration variable, il distille cependant quelques touches d’originalité. Empruntant au giallo façon Argento, sans jamais cependant égaler la puissance évocatrice du maître (qui a pourtant coécrit et produit le film), Lamberto Bava propose un film bien ancré dans son époque. A voir.

Une belle perle de série-b