Que ce soit en français ou dans sa version originale, le titre de ce film est on ne peut plus explicite : il s’agit de serpents dans un avion. C’est d’ailleurs cet aspect « droit au but » qui a fait en grande partie le succès (largement anticipé) de Snakes on a Plane. Attachez vos ceintures !
Année de production : 2006Pays : Etats-Unis, Allemagne, Canada Durée : 1h45 Réalisé par David R. Ellis Ecrit par John Heffernan, David Dalessandro et Sebastian Gutierrez Avec Samuel L. Jackson, Julianna Margulies, Nathan Phillips, Rachel Blanchard… Budget : environ 33 millions de dollars |
Commençons par un bref résumé de l’intrigue qui, vous vous en doutez, n’est pas d’une folle complexité, c’est le moins que l’on puisse dire. Sean, un jeune homme sans histoire est témoin, à Hawaii, de l’assassinat d’un procureur par un grand criminel, Eddie Kim, et a tout juste le temps de prendre la fuite. Il est sauvé des griffes des sbires de Kim par Neville Flynn, agent du FBI incarné par le très en forme Samuel L. Jackson. Flynn convainc Sean d’aller témoigner contre Kim à Los Angeles, et celui-ci finit par accepter. Tout ceci n’est en fait qu’un gros prétexte pour mettre des serpents dans un avion peuplé d’honnêtes citoyens américains. En effet, Kim n’a pas gobé la grossière diversion de Flynn (un petit avion avec plein de flics à bord) et a prévu de faire libérer quelques centaines de serpents mortellement dangereux dans l’engin une fois, bien sûr, que celui-ci aura décollé. Pour ajouter un peu de piquant, une tempête va se déchaîner sur l’appareil, qui devra faire face aux pires turbulences qu’il n’aura jamais connues.

Evidemment, avec un scénario pareil, la vraisemblance n’est pas vraiment le point essentiel. Pour ceux qui se demandaient tout de même comment autant de serpents avaient pu passer les détecteurs, une seule phrase est lâchée entre deux attaques mortelles en guise d’explication : « ils ont le sang froid… » Ben oui, bien sûr, on est con, suffisait d’y penser. On se marre deux fois : d’abord parce que l’explication est extrêmement douteuse et semble avoir été pensée après coup, ensuite parce qu’on n’en attendait pas tant et que, pour faire bref, on s’en foutait pas mal de savoir comment ces serpents avaient pu atterrir (jeu de mot pourri #1) dans cet avion ; l’essentiel était qu’ils soient là et que ça crie dans tous les sens. Et c’est réussi : il faut dire que, même si pas mal de serpents ont été réalisés en images de synthèse, près de 450 serpents étaient présents sur le tournage. De quoi mettre les acteurs en condition, même si aucun des reptiles n’était venimeux. Pour l’anecdote, certains de ces serpents ont été maquillés pour ressembler davantage à leurs cousins mortels.

A bord de cet avion, dont l’intérieur a été inventé à partir de pièces détachées et ne correspond à aucun appareil existant, on retrouve tout ce qui fait une série B efficace : des animaux agressifs (normalement, les serpents sont plutôt craintifs dans leur état normal mais là, les criminels les ont excités avec des phéromones, ces sadiques), un scénario catastrophe, des situations gores et/ou ridicules, des répliques cultes (on y reviendra) et des personnages caricaturaux à l’extrême. On trouve ainsi, entre autres, une Paris Hilton et son chien qu’on jetterait bien (tous les deux) par le hublot, un homme d’affaires d’autant plus exécrable qu’il a été relégué en classe éco, un couple de jeunes écervelés qui s’envoient en l’air (jeu de mot pourri #2) dans les toilettes (bien mal leur en prit, muahaha), un steward nunuche, une hôtesse de l’air plutôt « hot » et un trio de gangsta-rappeurs dont le chef est aussi imbu de lui-même que phobique du moindre contact humain. Petit coup de cœur personnel pour Kenan Thompson, dans le (second-)rôle d’un des trois rappeurs…

Samuel L. Jackson joue le « badass » de service qui prend les choses en main avec une conviction assez touchante vu le caractère très « premier degré » du film. Celui-ci s’avère en tout cas une belle réussite technique mais est loin d’être un chef-d’œuvre… Il faut dire que le développement fut assez houleux : Ronny Yu, qui devait initialement réaliser le film, voyant que la production pédalait dans la semoule, avait quitté le navire, laissant les commandes à David R. Ellis, qui est avant tout un technicien puisque son métier est d’organiser les cascades de films. Du coup, on se retrouve avec un film très rigoureux sur le plan technique, avec des scènes d’actions précisément exécutées (ce qui n’était pas évident dans l’espace restreint de l’habitacle d’un avion), mais sans réelle tension dramatique. En outre, la durée (1h45) aurait pu être considérablement réduite sans qu’on y perde de la substance. Quant au final, c’est un happy end plutôt niais qui confirme la limite de la dérision dans Snakes on a Plane… ce qui n’est cependant pas sans lui conférer un certain charme. Malgré ces bémols, on trouve son compte de répliques tordantes et de scènes gores et cela, c’est en grande partie aux fans qu’on le doit.

En effet, Snakes on a Plane est un exemple assez unique de buzz spontané sur internet. Contrairement à Cloverfield, par exemple, dont le buzz avait été suscité par la production sur internet, le mouvement est né de lui-même pour Snakes on a Plane. Avec la particularité d’avoir une amplitude jamais vue jusqu’alors pour un film. Six mois avant même que quoi que ce soit ne démarre, la blogosphère était déjà en plein délire après que le site aintitcoolnews.com ait déniché quelques lignes du scénario. Intelligemment, New Line Cinema décida de ne poursuivre personne (notamment pour des fausses affiches, chansons et bande- annonces), jugeant que si elle s’en mêlait et prenait le contrôle de la situation, l’engouement disparaîtrait aussitôt. Au contraire, elle décida de collaborer avec les fans. Résultat : des scènes supplémentaires (en particulier des scènes gores, faisant passer le film en « rated R ») furent tournées et des répliques furent ajoutées, comme celle, culte, de Samuel L. Jackson : « Enough is enough! I have had it with these motherfucking snakes on this motherfucking plane!”
Une belle histoire de collaboration entre l’équipe d’un film et son public, donc. Malgré tout, Snakes on a Plane, bien que remplissant son contrat, ne fut pas tout à fait à la hauteur des espérances. Reste qu’il s’agit d’un film honnête et particulièrement divertissant dans son genre.
Pondération scientifique des rédacteurs
| NOTE 7/10 BAREME DU GORE ![]() TROUILLOMETRE |
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[+] Un Samuel L. Jackson en pure forme ! [+] Pour qui sont ces serpents qui sifflent sur vos têtes ? [+] Un festival de reptiles mortels aux comportements variés [+] Beaux effets visuels (pour ce qu’on en attendait en tout cas) [+] Des seconds rôles bien stéréotypés [+] Un scénario prétexte et qui ne s’en cache pas |
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[-] Un peu long [-] Un peu trop pragmatique ? |




