L'Orphelinat (El Orfanato)

Ogroff2007, réalisé par Juan Antonio Bayona
Note : 5/10
Barème du gore :

Trouillomètre :

Multi-nominé et multi-récompensé, plébiscité par tous, El Orfanato a pourtant échoué à nous convaincre.

L’horreur espagnole est en plein essor, ce n’est plus un secret pour personne. Il suffit de penser aux deux Rec ou au Labyrinthe de Pan, dans deux genres très différents. El Orfanato, produit entre autres par Guillermo Del Toro, ajoute à l’horreur (si horreur il y a) une bonne louche de drame. Mais là où le Labyrinthe de Pan avait réussi un savant mélange de fantastique et de « fable politique, » El Orfanato peine à trouver son équilibre. A tel point que les rares scènes effrayantes ne semblent pas le moins du monde justifiées dans la trame générale, celle-ci étant avant tout tragique.

lorphelinat

Laura est orpheline. Avec son mari Carlos, elle décide de s’installer dans la maison qui fut autrefois l’orphelinat où elle a grandit. Plus malsain, tu meurs. Mais ce n’est pas tout, car vient maintenant le drame freudien qui est au centre du récit. Le couple a adopté un enfant, Simon, lui-même orphelin et atteint du sida. Ils envisagent de faire de la maison un centre d’accueil pour enfants. Lors de la cérémonie d’accueil, Simon disparaît, au grand désespoir de Laura.

Orphelinat

A première vue, on flaire la bonne vieille tragédie « à l’antique », mortifère et intergénérationnelle. Pourtant, quand on apprend la maladie de Simon, on s’interroge déjà sur l’honnêteté du scénariste, et ce n’est pas l’explication fumeuse fournie dans le dernier tiers du récit qui saura nous faire changer d’avis. Parlons-en, du scénario. La révélation finale, bien que surprenante, frise l’incohérence, voire l’impossibilité. Quant au final lui-même, on en reste, au mieux, dubitatif (on pense notamment au mari !).

Orphelinat

Partant d’une bonne idée (c’est souvent le cas, me direz-vous), El Orfanato manque cruellement d’âme et d’originalité, même s’il est réalisé de manière classique et relativement efficace. Dans le même genre, on préférera l’excellent The Others (d’Alejandro Amenabar, encore un Espagnol !). Restent les acteurs, et en particulier Belén Rueda, l’archétype – pardonnez-moi l’expression – de la MILF, qui reste très convaincante. El Orfanato ne parvient ni à faire très peur, ni à émouvoir, mais son cadre, loin d’être révolutionnaire, devrait satisfaire les aficionados.