Esther (Orphan)

esther2009, réalisé par Jaume Collet-Serra
Note : 7/10
Barème du gore :

Trouillomètre :

Les enfants terribles sont légion dans le cinéma d’horreur. Avec Esther, on pouvait s’attendre à une énième déclinaison du thème. Pourtant, malgré un déroulement assez classique, on se laisse surprendre par une intrigue finement agencée.

Esther a tout pour plaire : elle est mignonne, d’origine russe, arbore un style vestimentaire hors du commun, répond poliment quand on lui parle, sourit souvent et, surtout, fais preuve d’une précocité remarquable. En effet, alors qu’une petite fille de 9 ans ordinaire passe son temps à martyriser ses poupées, à manger ses crottes de nez et à colorier les murs, Esther, elle, est aussi mature qu’une adulte dans bien des domaines : elle joue divinement du piano, sait comment faire des bébés – et, pire, sait que cela ne sert pas qu’à faire des bébés – et a un goût certain pour l’hémoglobine. Vous avez dit malsain ?

esther

En confirmant l’acquisition – pardon, l’adoption d’Esther, Kate et John Coleman pensaient à juste titre qu’ils allaient être comblés. Grand mal leur en prit ! Car les « qualités » d’Esther apparaissent progressivement comme des signes d’une hygiène mentale peu exemplaire. La jeune fille, pernicieuse, sème la discorde dans sa famille d’adoption. Une famille qu’on imagine parfaite au départ, et il y a de quoi : la fille, quasi sourde, est adorable, le fils obéissant et la mère aimante. Quant au père, architecte, il passe son temps à jouer avec ses enfants et dessine de temps en temps, sans trop se fouler, ce qui ne l’empêche pas de très bien gagner sa vie. Maman et papa ont l’air amoureux et, comble du bonheur, tout ce petit monde vit dans une maison superbe.

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L’arrivée d’Esther chamboule tout : on apprend que la mère est une ancienne alcoolique et que le père a eu une ou deux aventures avec la première blondasse botoxée venue. Le ressort narratif est efficace, car on se prend à douter comme Kate et John face à leurs propres démons. Est-ce Esther qui est anormale ou eux ? Ce questionnement aboutit d’ailleurs à une scission du couple. John met sur le compte de la perte d’un bébé et de l’alcoolisme la méfiance de plus en plus grande de Kate à l’égard d’Esther.

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C’est la principale qualité d’Esther : nous faire douter, jusqu’à la fin. Le dénouement, d’une originalité jouissive, pourrait surprendre les plus alertes. Ajoutons que les prestations d’Isabelle Fuhrman (Esther) et Vera Farmiga en particulier sont excellentes. Malgré tout, le déroulement reste assez linéaire et classique. Le côté malsain d’Esther ne se ressent que peu dans la mise en scène, et si vous vous attendiez à vous cacher derrière un coussin du début à la fin, vous ne devrez vous contenter que de quelques rares sueurs froides.