[Critique] Event Horizon

Bien avant Pandorum et Sunshine, où l’on voyait comment immensité, néant et isolement rimaient avec folie, avant même Sphere (sorti un an plus tard), où un vaisseau spatial matérialisait nos peurs les plus profondes, Event Horizon abordait déjà ces sujets chers à la science-fiction. Avec plus ou moins de réussite…

Année de production : 1997
Pays : États-Unis
Durée : 1h36

Réalisé par Paul W.S. Anderson
Ecrit par Philip Eisner
Avec Laurence Fishburne, Sam Neill, Kathleen Quinlan
Budget : environ 50 000 000 $
Titres : Event Horizon (international), Event Horizon: le vaisseau de l’au-delà (France)


Event Horizon doit son titre disgracieux au nom, tout aussi disgracieux, du vaisseau révolutionnaire imaginé par le Docteur Weir pour aller plus vite que la vitesse de la lumière en créant un trou noir artificiel. Problème : en 2047, le fameux engin n’a plus donné signe de vie depuis 7 ans et stationne en orbite autour de Neptune comme une endive géante. On se résout donc à envoyer une mission de sauvetage avec à sa tête le capitaine Miller (Lawrence Fishburne), aussi motivé que s’il allait dîner chez sa belle-famille. L’équipe de secours est accompagnée du Dr Weir.

Ce dernier est interprété par Sam Neill, qu’on ne voit plus guère aujourd’hui sur les écrans que dans les rôles d’un méchant de série B (Daybreakers) ou d’un cardinal manipulateur (la série The Tudors). Le temps de Jurassic Park est bien loin. Laurence Fishburne n’était sans doute pas le meilleur acteur qui soit pour lui donner la réplique, mais le choix tient la route. Le casting n’est pas ultra glamour, mais au moins on voyage avec des valeurs sûres.

Event Horizon a été réalisé en Grande-Bretagne de A à Z… et ça se voit. Le film n’a pas très bien vieilli, surtout en ce qui concerne les effets spéciaux. Rien de catastrophique, rassurez-vous, mais l’effet du temps est sensible. Les effets réalisés en images de synthèse sont parfois à la limite du supportable. Les décors ont en revanche été soignés, et les longs couloirs sombres et humides, remplis de signes cruciformes plus ou moins cachés, sont glauques à souhait.

Malgré un scénario (dont on vous dévoilera le moins possible) intéressant au départ, le film peine à décoller. Les scènes censées faire sursauter nous ont à peine arraché un stimulus cérébral, et encore. On sait que Paul W. Anderson a du couper près de 20 minutes au montage pour que son film ne soit pas trop violent. Probablement y a-t-il perdu en puissance visuelle. Pourtant, les séquences où des images gores se succèdent à un rythme effréné étaient du meilleur effet. Dommage…

Le tout apparaît comme trop brouillon. La ligne directrice est trop floue et l’action souvent trop confuse, et l’on finit par se perdre. Même constat en ce qui concerne les personnages : le Dr Weir apparaît tantôt comme le principal protagoniste, tantôt comme un personnage secondaire ; tantôt on plonge dans une analyse psychologique du personnage, dont la femme s’est suicidée, tantôt il est décrit comme une brute sanguinaire s’abandonnant au Mal, sans qu’on ait bien compris le lien entre les deux. Trop mystérieux ou pas assez, Weir est assis entre deux chaises et, quoi qu’il en soit, manque de densité.

Néanmoins, Event Horizon se laisse regarder avec une pointe de curiosité, malgré une dernière partie sans grand suspense, sinon celui de savoir qui va survivre et qui va mourir, ce qui constitue d’ailleurs la seule véritable surprise. Au final, il s’agit d’un petit plaisir un peu geek sur les bords dont il serait idiot de se priver, dans la lignée de la filmographie de Paul W. Anderson, adepte des films assez bifffesques, voire un peu bourrins (Death Race, Resident Evil, …).

Pondération scientifique des rédacteurs

NOTE
5/10

BAREME DU GORE


TROUILLOMETRE
[+] Un casting sympathique à défaut d’être incroyable
[+] Une excellente idée de départ
[+] Quelques images très fortes
[-] Déroulement et action confus
[-] Pas très effrayant (pour ne pas dire pas du tout)
[-] Des personnages trop peu fouillés