Un soleil couchant, de l’herbe verte et douce, un couple de jeunes goths-punks qui s’embrassent. Touchant… jusqu’à ce que le garçon sorte un flingue de sa poche et, avec un sourire navré, s’envoie une balle dans le fond de la gorge. La fille prend ses jambes, tachées de sang, à son cou mais finira peu de temps après avec une paire de ciseaux dans ce dernier. Ce sont les deux premiers suicides d’une longue série.
Année de production : 2008Pays : Etats-Unis Durée : 1h29 Réalisé par Phedon Papamichael |
Résumé en trois mots, le pitch de From Within pourrait faire penser à The Happening, de Shyamalan : suicides-en-chaîne. Sauf qu’il ne s’agit pas ici d’une épidémie mais d’une malédiction. Et dans l’Amérique paradoxale de la Bible Belt, non seulement on ne croit pas aux sortilèges mais en outre on les combat. Du moins on essaye. Dylan, fils de pasteur, s’improvise soldat du christ et menace de tout casser, en commençant par la gueule d’Aidan, un jeune homme un peu emo sur les bords dont la païenne de mère a été immolée quelques années plus tôt par les bigots consanguins du coin. De quoi avoir des raisons d’être amer et revanchard ; d’ailleurs Dylan est convaincu que l’origine du mal est Aidan en personne.
Fort heureusement tous les chrétiens de la ville ne sont pas des fous furieux et la ravissante Lindsay en est la preuve incarnée. Douce et attentionnée, elle se lie d’amitié avec Aidan et découvre petit à petit le passé familial de celui-ci. Faut-il préciser qu’ils tombent amoureux ? L’athée et la monothéiste : on croirait presque assister à un remake religieux de Romeo et Juliette. Ah, j’oubliais : Lindsay est la petite amie de Dylan, à la base. Vous commencez à percevoir le caractère explosif du cocktail ?
Aussi étrange que cela puisse être, les points d’orgue du film sont les génériques de début de fin. Superbement mis en images, ils font en quelque sorte figure d’avant/après, avec une composition esthétiquement très poussée. De fait, après les premières images, on s’attend véritablement à quelque chose d’original. Si la première scène, marquante, entretient encore cet espoir, on se rend compte assez rapidement que le déroulement du film sera au fond assez classique, avec un suspense dont on se demande s’il était vraiment opportun vu le sujet. Le dernier tiers parvient à être carrément tiré par les cheveux, avant un final surprenant qui relève le niveau général. Une progression en dents de scie donc, avec un sommet au départ et un à l’arrivée.
L’idée de mettre en tension deux croyances religieuses était astucieuse, mais hélas la critique des fondamentalistes chrétiens est par trop grossière. Outre que Dylan soit presque trop méchant pour être vrai, la plupart des autres personnages semblent être issus d’un inventaire, à commencer par Lindsay, incarnation de la chrétienté charitable et pure parfois à la limite de l’invraisemblable. Plutôt que d’éviter les clichés ou, au contraire de les pousser à l’extrême pour les transcender, Papamichael a cru qu’il pourrait les équilibrer et donc, les annuler. Et c’est un peu raté. A côté de cela, on retiendra tout de même le personnage sibyllin de Sadie (Margo Harshman), sorte de Mercredi Adams des temps modernes. Quant à la prestation d’Adam Goldberg dans le rôle du type un peu con qui se laisse embrigader dans des affaires de vengeance divine alors qu’il a autant de foi qu’un poisson rouge anémique, elle ne restera pas dans les annales.
From Within nous a quelque peu déçus. Malgré un pitch original et une entrée en matière réussie, le film ne tarde pas à tomber dans un certain académisme, se complaisant un peu trop à notre goût dans les clichés du genre. Pas complètement raté, mais inabouti.
Pondération scientifique des rédacteurs
NOTE 5/10 BAREME DU GORE TROUILLOMETRE |
![]() |
[+] Quelques scènes visuellement impressionnantes [+] Un bon pitch de départ [+] Quelques personnages intéressants [+] Un bon twist final |
![]() |
[-] Assez classique [-] Parfois caricatural [-] Un peu tiré par les cheveux [-] Pas le casting le plus mémorable |



