Il n’y a pas que les maisons qui sont hantées !
Année de production : 2010Pays : Etats-Unis / Canada Durée : 1h43 Réalisé par James Wan Ecrit par Leigh Whannell Avec Patrick Wilson, Rose Byrne, Ty Simpkins Titres : Insidious(Etats-Unis), Insidieux (Canada) |
Josh (Patrick Wilson) et Renai (Rose Byrne) viennent d’emménager avec leurs trois enfants dans une nouvelle maison aux fenêtres poussiéreuses et aux boiseries qui craquent. L’archétype du manoir hanté. Quelques détails, comme des livres inexplicablement tombés à terre, lancent le spectateur –même aguerri – sur une fausse piste. Car autant le dire tout de suite : la maison n’est pas hantée. Il n’empêche que les choses vont sérieusement partir en couille. Suite à une petite chute de rien du tout, l’aîné, Dalton, tombe inexplicablement dans le coma, sans que rien ne paraisse pouvoir le réveiller. Renai est alors prise de visions terrifiantes au point que le couple décide finalement de déménager, persuadé que la source du malaise est leur nouvelle maison.
Avec un postulat de base intéressant mais pas non plus d’une extrême originalité (on pense évidemment à Poltergeist ou à Paranormal Activity, des mêmes producteurs), James Wan annonce rapidement la couleur : il fera cette fois dans le classique. La bonne nouvelle, c’est qu’il y excelle. Après avoir choqué avec Saw (qui, soit dit en passant, reste un très bon film du genre qui n’a rien à voir avec les bouses qui lui ont servi de suites), Wan voulait cette fois nous faire peur « à l’ancienne ». Et c’est réussi.

Rose Byrne est toujours aussi ravissante… même quand elle ne sourit pas.
Le talent du jeune (33 ans) réalisateur est indéniable. Son dernier bébé est maîtrisé de bout en bout, avec deux qualités essentielles à ce genre d’exercice : la densité et la clarté de la narration. Wan s’empare des codes du genre, les dompte et, finalement, en fait ce qu’il veut. Résultat : Insidious n’est ni scolaire ni iconoclaste ; à la manière d’un Drag Me to Hell de Sam Raimi, les lois du genre sont – mieux que détournées – sublimées. Wan jongle avec elles pour mieux tromper ou doubler nos attentes. Et, cerise sur le gâteau, sans cette obsession à vouloir nous faire peur à chaque angle de couloir.
Si les moments de hérissement capillaire ne sont pas absents, on est heureux de constater qu’ils ne pullulent pas et ne sont pas une fin en soi. Wan sait ce qu’il fait et a sans doute une trop haute opinion de son œuvre que pour s’emmerder à nous faire sursauter toutes les trois minutes. Il préfère distiller une ambiance non pas tant malsaine qu’étrange. Cette fameuse « inquiétante étrangeté » freudienne, c’est par exemple lorsqu’un enfant gris sorti de nulle part danse sur un air désuet comme un pantin désarticulé. Dans Insidious, la peur naît moins souvent de la surprise que de la sensation que quelqu’un (ou quelque chose) qui ne devrait pas être là s’est invité chez vous. Lorsque Josh, réveillé en pleine nuit, découvre la porte d’entrée de sa maison béante et fait le tour du rez-de-chaussée armé d’un tison, c’est son âme elle-même qu’on sent vulnérable, exposée à ce vent glacé, insidieux, extérieur, étranger.

« Pardon madame, je cherche mon fiston… »
Wan a aussi l’élégance de nous épargner les poncifs les plus agaçants du genre, comme les « fausses alertes ». Vous savez, quand on a peur une première fois mais que ce n’est en fait que le cousin Régis qui a fait une mauvaise blague ? Il s’affranchit par la même occasion de longues scènes explicatives, d’autant plus inutiles que le fil de l’action est limpide, et privilégie l’ellipse. C’est d’ailleurs précisément au moment où il ne peut échapper à cette séance d’explications (vers les deux tiers du film) qu’on se trouve à deux doigts de s’ennuyer. L’action repart heureusement à point nommé pour une dernière partie des plus oniriques… et des plus effrayantes.
De manière générale, Insidious ne garde que le bon gras des films d’horreur classiques. Ainsi la musique, tantôt stridente, tantôt inquiétante au piano, nous rappelle-t-elle une époque qu’on croyait révolue et dont le fer de lance reste l’indémodable, l’intemporel The Shining. Soulignons enfin la maestria de la scène d’ouverture, en forme de travelling anxiogène slalomé dans les couloirs d’une maison, et du générique de début, aussi sobre qu’inquiétant avec ses photos en noir et blanc qui se mettent à bouger presque imperceptiblement, comme un GIF pris naïvement pour un JPEG.

Une senior et deux geeks qui se prennent pour les Ghost Busters sont chargés de résoudre le problème.
Avec son identité visuelle et sonore forte, qui emprunte au meilleur de la tradition du genre sans trahir la vision personnelle de son créateur, Insidious a tout d’un classique du cinéma d’épouvante. D’aucuns lui reprocheront sans doute légitimement un certain manque d’originalité mais, après tout, n’est-ce pas dans les vieilles marmites qu’on fait les meilleures soupes ?
Pondération scientifique des rédacteurs
| NOTE 8/10 BAREME DU GORE ![]() TROUILLOMETRE |
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[+] Vraiment effrayant [+] Impressionnant visuellement [+] Mise en scène maîtrisée et inventive bien qu’assez classique [+] Rose Byrne ! |
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[-] Un peu longuet par moments [-] Assez scolaire |



