2009, réalisé par Duncan Jones
Note : 9/10
Barème du gore :

Trouillomètre :

Sur la face cachée de la lune, un homme va découvrir la face cachée de son existence et être amené à reconsidérer tout ce qu’il tenait pour acquis.
3 ans. Seul. Sur la lune. Avec un petit effort de projection, chacun peut envisager ce que cela peut signifier : la paix, le silence, l’ennui, la dépression, la folie. Pourtant, Sam Bell a tenu bon. Il lui reste à peine deux semaines. Deux semaines à vérifier que les immenses collecteurs d’helium-3 fonctionnent bien, afin que la population terrienne soit correctement approvisionnée en énergie. Deux semaines avant le retour sur terre et les retrouvailles avec son épouse et sa fille. Deux semaines qui vont suffire à mettre en doute tout ce qu’il savait sur lui-même.

L’introduction de Moon est assez claire : il ne sera pas question d’écologie, puisque toute la planète est fournie en énergie, sans les effets néfastes du pétrole. Une nouvelle source d’énergie, l’hélium-3, a en effet été découverte sur la lune. Des techniciens s’occupent, chacun à leur tour pour un contrat de 3 ans, de vérifier que les collecteurs automatiques se portent bien. Pour accompagner ces hommes menacés par la solitude a été conçu le robot GERTY. On sourit de satisfaction : ce ne sera pas un énième film post-apocalyptique saupoudré de morale écologique comme on en a vus par dizaines ces dernières années, pour le meilleur (Eden Log) comme pour le pire (2012).

Dès les premières secondes, la mise en scène se veut oppressante. Les mouvements de Sam résonnent trop dans la station lunaire vide pour ne pas annoncer un malheur. Quelque chose cloche. Les apparitions de GERTY laissent le spectateur dubitatif. Ses intentions ne sont-elles pas mauvaises ? Est-ce qu’il ne va pas péter un plomb façon 2001 : l’Odyssée de l’espace ? Respecte-t-il seulement les lois de la robotique ? Nous n’en dirons pas plus. Une chose est sûre : il faut voir Moon, c’est un petit chef-d’oeuvre.

Comme tout bon film de science-fiction qui se respecte, Moon explore des questions éthiques. Mieux : il le fait de manière éblouissante. Le spectateur est ballotté d’une idée à une autre : on croit comprendre, puis on se ravise, avec les mêmes doutes terrifiants que ceux qui assaillent Sam. Est-il fou ? Après 3 ans seul, en orbite autour de la terre avec un robot protocolaire pour seul interlocuteur, il y a de quoi. Pourquoi les conversations en direct avec la terre sont-elles impossibles ? Toutes ces questions trouveront une réponse, et je vous défie de la deviner avant que Sam lui-même ne la découvre.

Avec une mise en scène posée mais angoissante, des effets spéciaux très corrects (surtout en regard du budget) et un acteur magistral (Sam Rockwell), Moon est une belle réussite de science-fiction, classique (au sens le plus positif du terme) dans l’ensemble, maîtrisée dans la forme, qui maintient un suspense presque haletant jusqu’au dernier tiers. Inédit dans les salles, sorti uniquement en vidéo, Moon a tout pour devenir un film culte… en tout cas pour ceux qui auront daigné faire un pas vers un film qui n’a pas eu les honneurs du grand écran en France.

Honnêtement, ce film est excellent. Un vrai chef d’oeuvre. Je le conseille aux amoureux de la SF.
Par contre je mettrais juste 1 pour le trouillomètre… C’est un thriller touchant à la SF, mais loin d’être flippant ! J’utiliserais plutôt le terme « hypnotisant ». On reste cloués, on veut tellement savoir la suite, qu’on ose même pas aller pisser… Et la fin… est excellente