1983, réalisé par N.G. Moutier
Note : 2/10
Barème du gore :
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Trouillomètre :
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Ogroff est ce que l’on pourrait appeler un « nanard culte ». Sa renommée ne se base aucunement sur ses qualités de réalisation (encore heureux) mais bien sur son amatrice facture et son caractère transgressif, à une époque où, il faut bien le dire, tout n’était pas encore accepté à l’écran.
Rédacteur d’un fanzine parisien et propriétaire d’un vidéo-club, Norbert Georges Moutier décida de réaliser son propre slasher à budget réduit, ce qui impliquait des décors et effets spéciaux cheap, un casting composé d’amis non-professionnels et un timing de tournage à ce point aléatoire que certaines scènes passent, d’un plan à un autre, du soleil radieux au ciel bien couvert. Le tout filmé bien sûr en caméra amateur et sans prise de son autre que cette dernière. Le résultat est à la hauteur des moyens : image exécrable et bruitages dégueulasses. Les rares dialogues sont d’ailleurs doublés, mais la synchronisation est à mourir de rire.

L’histoire est celle d’Ogroff, un bûcheron au masque de cuir qui collectionne les haches dans sa cabane au fond des bois et dont le passe-temps principal est de découper les éventuels visiteurs de son domaine. On le voit ainsi s’attaquer à quelques innocents et « s’acharner » sur eux (la violence d’Ogroff dans ces scènes est comparable à l’énergie déployée par un vieillard faisant du jardinage) avant d’élire une jeune fille comme remplaçante d’une femme (sa mère, sa fiancée ?…) qu’il a perdue et dont il ne lui reste que la photo. Ainsi le film tente de s’intéresser à la psychologie du personnage, dans l’esprit d’autres films de l’époque comme Vendredi 13, avec pour climax une scène où l’expression « s’astiquer le manche » (de la hache en l’occurrence) prend tout son sens.

Bien sûr, cette facette est forcément limitée par la quasi-absence de dialogues et le manque de clarté de l’image et de la mise en scène. Ogroff se concentre donc sur les scènes « d’action » comme la démolition d’une 2CV, une poursuite en moto ou encore un duel hache/tronçonneuse épique. Des scènes bien gore ketchup émaillent l’ensemble et les effets spéciaux, bien que risibles, sont souvent honorables vu le peu de moyens. Souvent, un gros plan sur un membre coupé conclut la mutilation, et l’on dirait presque qu’Ogroff le montre à la caméra, l’air de dire « t’as vu mon effet spécial ? »

Tout cela est bien rigolo à regarder, mais il ne faut pas non plus se mentir : c’est particulièrement mou. A moins d’avoir une bonne dose de second degré, vous ne finirez sans doute pas le film qui, hors scènes « d’actions », est particulièrement pénible, avec ses transitions et son cadrage étranges, ses acteurs pas crédibles pour deux sous et sa musique synthétique insupportable. C’est aussi, dirons certains, ce qui fait son charme indéniable. Ogroff joue d’ailleurs à fond la carte du grotesque (à la fin, des zombies et un vampire font leur apparition).