[Critique] Predator

Considéré par plusieurs générations (oui, vous avez vieilli) de cinéphiles comme le Graal absolu, Predator est au carrefour du cinéma d’action, de la science-fiction et de l’horreur. Petite visite guidée de la jungle avec Schwarzy.

Année de production : 1987
Pays : Etats-Unis
Durée : 1h47

Réalisé par John McTiernan
Ecrit par Jim Thomas, John Thomas
Avec Arnold Schwarzenegger, Carl Weathers, Kevin Peter Hall
Budget : 18 millions de dollars environ
Titres : Predator ; Le prédateur (Canada)


Quand « Dutch » (Arnold Schwarzenegger) avait accepté une mission de sauvetage en pleine jungle d’Amérique centrale, il ne s’attendait qu’à devoir botter le cul de quelques dizaines de gringos désorganisés et aussi experts en armes à feu que mon arrière-grand-mère. Avec sa troupe de mercenaires d’élite surentraînés, c’était du tout cuit. Pensait-il. Car la forêt équatoriale recèle une surprise de taille. Une surprise qui vient de l’espace et chasse l’humain pour passer le temps.

Dutch et ses potes ne sont pas des gens comme les autres : pour se saluer, ils se font un bras de fer. Bon, c’est Dutch qui gagne tout le temps, mais l’important c’est de participer. D’ailleurs, avec des biceps pareils, il vaut mieux ne pas trop se la ramener avec lui. C’est ce que se rappelle à ses dépends Dillon, vieille connaissance de Dutch qui fera partie de l’expédition. Nous ne sommes qu’au tout début du film, et déjà : première scène culte.

Arrivée dans la jungle, la bande se met en route vers le campement des bandits, histoire de les démonter proprement. On se rend compte que quelque chose cloche lorsqu’on découvre, accrochés par les pieds, des cadavres tout dépecés. Mais pour l’heure, il s’agit surtout de récupérer les otages. Infiltration et discrétion sont deux mots un peu abscons pour Dutch. « Tout faire péter » fait d’avantage partie de son vocabulaire quotidien. Pourquoi s’emmerder à crocheter une porte quand on peut la défoncer d’un grand coup de pied ?

Inutile de préciser que nettoyer le campement aura été un jeu d’enfant pour la troupe de mercenaires, qui n’auront pas la moindre égratignure à déplorer, ou presque. Par contraste, l’affrontement avec un seul individu (un alien en l’occurrence) bien plus dangereux sera un véritable enfer pour eux. Même le sage de la bande, Billy à l’oeil de lynx et à l’ouïe perçante (le type que tout petit garçon rêverait d’être), annonce avec son flegme habituel : « There’s something out there waiting for us, and it ain’t no man. We’re all gonna die. » En gros, « on va tous crever. » Tous, sauf un.

Seule la jolie otage Anna n’y passera pas, s’enfuyant in extremis en hélicoptère. Ne restera plus que Dutch pour une dernière demi-heure de pur bonheur cinématographique : un affrontement épique entre deux champions venant de deux mondes différents. Sans aucun doute le « mode warrior » le plus parfait auquel il nous a été donné d’assister. Dutch se fond littéralement dans la jungle, ne laissant rien au hasard pour tenter de piéger et tuer son ennemi, ce qui est son seul espoir de survie.

Film d’action dans sa première partie, thriller haletant dans la deuxième, avec une touche d’horreur, Predators réussit le mélange parfait. On se concentre uniquement sur l’action : l’aide aux otages est un prétexte et la raison de la venue d’un extraterrestre n’est qu’à peine abordée. L’important est ce qu’il se passe dans la jungle autour de Dutch et ses hommes. C’est tout, et tant mieux. On assiste en outre à une succession de scènes d’anthologie et surtout de répliques cultes lancées par des personnages caricaturaux à souhait mais jamais ridicules. A voir et même à posséder.

Pondération scientifique des rédacteurs

NOTE
9/10

BAREME DU GORE


TROUILLOMETRE
[+] Des scènes cultes
[+] Des répliques cultes
[+] De l’action pure
[+] Arnold Schwarzenegger !
[-] Tout cela n’est pas d’une extrême finesse