[Critique] Predators

2010, réalisé par Nimrod Antal
Note : 4 / 10
Barème du gore

Trouillomètre

Après Predator, Predator 2, Alien vs. Predator et Alien vs. Predator – Requiem, Predators rompt avec l’allongement des intitulés, en ajoutant simplement le pluriel au titre du premier film de ce qu’il convient d’appeler une saga. Un retour aux sources ?

Dans cet épisode, quelques sales types (bandits, mafieux, etc.) se retrouvent parachutés sur une planète inconnue, dans une jungle qui n’est pas sans rappeler la forêt mexicaine du tout premier Predator – celui avec Schwarzy. Cependant les rôles ont été inversés : alors que dans le premier épisode, un seul predator s’était invité sur Terre pour y occire de l’humain, ici c’est une bande de Terriens qui se retrouve en terra incognita avec pas un ni même deux vilains aliens à ses trousses, mais trois ! Sans compter leurs toutous, de la taille de rhinocéros, qui ont hâte de se dégourdir dans les sous-bois. La saison de la chasse est ouverte.

L’équivalent de Schwarzenegger dans le rôle du pourfendeur de predator n’est autre qu’Adrien Brody. Vous me direz qu’il a beaucoup moins de muscles et une bouille bien moins sympathique. Certes. Mais il a du flair et du sang-froid. Il devra faire équipe avec un yakuza, un taulard un peu psychopathe sur les bords, un médecin, un soldat tchétchène au grand cœur ainsi que la ravissante Isabelle (Alice Braga) avec qui il tissera des liens, sans grande surprise. On retrouve également l’indéboulonnable Danny Trejo dans un second rôle vite expédié. En chemin, la petite bande tombera sur un survivant complètement timbré, Noland (Laurence ‘Morpheus’ Fishburne).

Disons-le franchement : Predators ne vaut pas Predator, loin de là. Entre la réplique culte et la phrase à la con, il n’y a qu’un pas que Predators franchit allègrement. Les protagonistes ne font qu’aligner des dialogues ridicules dont les phrases sont souvent limitées à trois mots. Cela, on le constate dès les premières minutes du film. Ajoutez à cela du « déjà vu » et une pincée de « déjà revu », secouez bien, saupoudrez avec une romance à deux sous et une traîtrise grosse comme un diplodocus en patins à roulettes dans un magasin de porcelaine, et vous obtiendrez un film qui manque cruellement d’originalité.

Certes, Predators recèle quelques (rares) bons moments, comme l’attaque surprise des quadrupèdes à cornes. Mais il est surtout riche en carences (si vous me permettez l’oxymoron) : pas d’intrigue ni de réelle « toile de fond », ce qui semblait pourtant inévitable vu la direction très SF prise par le film, d’ailleurs moins orienté « action pure » que son illustre prédécesseur. Au final, on se retrouve avec une pâle copie de l’original qui hésite entre la surenchère et l’hommage et qui donne vaguement l’impression de nous prendre pour des cons. A réserver aux fans de la série.