1985, réalisé par Dan O’Bannon
Note : 8/10
Barème du gore :
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Trouillomètre :
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Après Romero, qui créa le genre du film de zombies en même temps qu’il imposait une référence durable en la matière, deux choix s’offraient à ses successeurs : tenter de faire aussi bien, voire mieux que le maître ou tourner le genre en dérision. C’est ce que fait avec brio Return of the Living Dead.
Contrairement à ce que son titre peut laisser penser, Return of the Living Dead est bien le premier opus d’une série, qui verra plusieurs suites plus ou moins heureuses. Le « return » du titre fait en fait référence, on l’apprend assez vite, non pas à Night of the Living Dead de Romero, mais bien à l’incident soit-disant réel qui aurait inspiré ce même film. Vous suivez ?

Un quartier un peu paumé de la ville de Louisville, dans le Kentucky, va, une nuit, devenir le théâtre de phénomènes étranges : les morts vont revenir à la vie et certains vivants vont rejoindre ces morts-vivants. Freddy a trouvé un job dans une société qui vend et entrepose des cadavres, squelettes, fœtus flottant dans du formol et autres joyeusetés. Son supérieur lui apprend que l’histoire de Night of the Living Dead est inspirée d’un fait réel : des produits chimiques expérimentés par l’armée avaient réveillé les morts, mais l’incident avait été maîtrisé à temps et gardé secret. Seulement, quelques barils de ce gaz se sont retrouvés un peu par hasard dans la cave de la société. Vous devinez la suite : les deux curieux vont malencontreusement libérer le gaz qui, en plus de réveiller les cadavres alentours, se répandra sous forme de pluie acide sur le cimetière tout proche, soulevant une véritable armée de morts-vivants. Pendant ce temps, les potes punks de Freddy attendent que celui-ci termine le boulot et, pour occuper leur temps, n’ont rien trouvé de mieux à faire que de rendre une petite visite au cimetière, histoire de vénérer la Mort à leur façon : avec de la musique bruyante et sans vêtements.

Ajoutez à ces deux décors un troisième, la morgue, et vous obtenez l’environnement le plus approprié qui soit pour l’épanouissement de cadavres ambulants. Autre idée géniale : faire des principaux protagonistes des anars fringués comme des sacs poubelles qui vouent un culte à la Grande Faucheuse et ne pensent qu’à se suicider par principe. Le mouvement punk n’échappe donc pas au foutage de gueule général, à une époque où, soit dit en passant, leur nombre devait atteindre un pic. Ainsi, le fantasme d’une fille de la bande – être dévorée vivante par des vieux – sera réalisé avec une ironie jubilatoire lorsque, nue (pas de bon film de série B sans fille à poil), elle se fera déchiqueter par des morts-vivants fraîchement sortis de leur tombe (plus vieux, tu meurs). Hélas, la scène n’est même pas gore (l’occasion était pourtant belle), à l’image de l’ensemble du film, qui suggère plus qu’il ne montre les moments trash.

Return of the Living Dead multiplie les références au film fondateur de Romero, en hommage sans doute, mais aussi pour le tourner en dérision. Les personnages apprennent ainsi avec stupeur que détruire le cerveau des zombies ne sert à rien, puisqu’ils continuent à frétiller, et que s’ils ont à ce point envie d’en manger (des cerveaux), c’est parce que cela leur procure du plaisir et apaise leur souffrance. Là, y a pas à dire : faire des zombies des junkies toxico en manque de dope, ça frise le génie. Comme pas mal d’autres passages d’ailleurs. Et pourtant, à côté de ces fulgurances hilarantes, certaines scènes laissent confus de perplexité, soit qu’elles sont inutiles, soit qu’elles ne ressemblent à rien. Lorsque six personnages crient et gesticulent pendant plusieurs minutes dans ce qui semble avoir été une prise unique, on a envie de crier au mieux au grotesque, au pire à l’arnaque.

Return of the Living Dead, en pur film de série B, a donc les qualités de ses défauts ; sa spontanéité garantit quelques bons vieux délires (avec en apothéose un final ultra-cheap) mais aussi des lourdeurs. Un bon moment, à voir avec des amis.