Un paysage glacial, entre la Finlande et la Russie. Des marécages qui s’étendent à perte de vue. Erik évite les mares qui lui reflètent le visage des morts ; ceux-là même qui, coupables ou innocents, sont tombés sous les coups de son épée. La guerre est terminée, mais le spectre de la sauvagerie plane encore sur les marais. Erik réajuste ses lunettes, sans lesquelles il est aveugle. Son frère, Knut, le rejoint, troublé : il a vu, au loin, la fille qu’ils ont enfermée et abandonnée quelques jours auparavant.
Année de production : 2008Pays : Finlande, République Tchèque Durée : 1h23 Réalisé par Antti-Jussi Annila |
Sauna est d’abord un film sur les fantômes. Ceux qui hantent notre conscience et se rappellent à nous, quand nous voulons les voir disparaître dans les abysses de notre être. Pour Erik, ce sont ses 73 victimes ; pour Knut, la jeune fille qu’ils auraient dû libérer. Le premier est un guerrier, l’autre, un universitaire. Ils font partie d’une commission russo-finlandaise qui doit délimiter les nouvelles frontières entre les deux pays, après 25 ans de guerre. Nous sommes en 1595.

Vous l’aurez compris : le sujet du film, autant que son contexte historique, sont loin d’être banals. On est plongé dans un univers froid et marécageux, mort, désert. Peut-être le vrai visage de l’enfer. Les visages des protagonistes sont comme la boue et l’eau, omniprésentes : glacés. La caméra rend justice à cet univers, en s’attardant tantôt sur les traits anguleux des personnages, tantôt sur les magnifiques paysages finlandais.

Sans grandes effusions, Sauna est pourtant le genre de film qui, après-coup, marque : ses dialogues épars et cisaillés, ses décors et son sujet même en font une œuvre à lectures multiples, où tout est métaphorique, ou, plus exactement, où tout est sur la ligne indiscernable qui sépare le réel du fantastique. Il y a fort à parier qu’après un premier visionnage, vous n’aurez pas tout compris (c’était notre cas), mais c’est aussi ce qui fait l’attrait de Sauna. L’ambiance est en outre franchement malsaine, et les âmes sensibles ne manqueront pas de se cacher derrière un coussin. Décidément le coup de cœur d’Empty Orbit, à voir dès que possible.
Pondération scientifique des rédacteurs
| NOTE 9/10 BAREME DU GORE ![]() TROUILLOMETRE |
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[+] Une ambiance malsaine réussie [+] Des personnages denses [+] Des dialogues rares mais ciselés [+] Un film aux lectures diverses, à voir plusieurs fois |
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[-] Pas de conclusion possible |



