[Critique] Sucker Punch

Le Zack Snyder Nouveau est arrivé ! Après un excellent remake de Dawn of the Dead en 2004, un très testostéroné 300 en 2006 et un grandiose Watchmen en 2009, le réalisateur en vogue nous propose cette année Sucker Punch qui malheureusement, n’a pas comblé nos attentes, très loin de là.

Année de production : 2011
Pays : Etats-Unis
Durée : 1h50

Réalisé par Zack Snyder
Ecrit par Zack Snyder
Avec Emily Browning, Vanessa Hudgens, Abbie Cornish
Budget : environ 82 millions de dollars


Cela faisait déjà quelques mois qu’on attisait notre curiosité à coup de trailers, teasers et autres annonces sur ce fameux nouveau projet qui semblait encore une fois –c’est une habitude pour Snyder– bourré d’effets spéciaux incroyables qui allaient nous en mettre plein la vue. Et bien c’est raté sur toute la ligne. Commençons par le scénario complétement bidon, écrit sur un coin de table de bistrot (les tables y sont généralement plus petites que la moyenne).

Babydoll, qui a tout d’une petite poupée russe, est enfermée dans un asile psychiatrique très louche après avoir été accusée du meurtre de sa sœur. Cette dernière s’avère avoir été tuée par son propre père, une espèce de brute incarnant la méchanceté pure et gratuite, qui en plus fait porter le chapeau à son autre fille. Babydoll se crée alors un double monde complétement imaginaire : l’un dans lequel elle se retrouve dans une maison close avec d’autres filles de son genre, et l’autre où elle essaye de survivre en accomplissant des missions qui tombent du ciel, données par un espèce de sage qui sort d’on ne sait où et qui profère des grandes phrases vides de sens à longueur de film, du genre « Sois toi-même » ou « Tu es la solution à tes problèmes ». Babydoll parcourt donc ces univers échappatoires avec ses nouvelles copines en défonçant zombies, mutants, robots futuristes ou encore Samouraïs mécaniques. De tout. Et surtout du rien.

Sucker Punch est une très grosse déception. Il n’y pas presque rien à y sauver, tout est raté. On se noie dans cet univers geek vidéoludique (et ce n’est pas faute d’aimer le genre) complètement faux et mal pensé. Les dialogues sont très pauvres, la psychologie des personnages est archinulle, la mise en scène loupée. Ne parlons pas du lot d’actrices se baladant pendant tout le film en petite culotte et porte-jarretelle en cuir, ce qui au final s’avère étrangement peu sexy, les filles étant aussi insipides que peu charismatiques. Seule Emylie Browning s’en sort, à la limite du « pas mal » dans le rôle principal.

Quand on vous dit qu’il n’y rien à sauver, c’est vraiment rien. Même les effets spéciaux semblent tirés d’un film de série B tant on peut percevoir une utilisation excessive du « Green Key » (fond vert), qui présente des décors fades, sans aucune profondeur, à la limite de la 2D mal texturisée. Cerise sur le gâteau, le tout est mis en musique par du « Björk style » pompeux et apprêté.

Mais le pire a été gardé pour la fin du film, où Snyder nous fait croire à un film à « twist » où tout nous serait révélé d’un seul coup et où l’on pourrait se dire : « mais oui, tout se tient ! » alors qu’en réalité, tout n’est que supercherie. Beaucoup de spectateurs y tomberont certainement les bras ouverts, criant au génie. La facilité dans laquelle s’engouffre le film dans les dernières scènes est carrément calamiteuse, et relève de l’imposture intellectuelle.

Certains diront que certains univers sont bien pensés et originaux. Mais hélas, pour quelqu’un ayant un tant soit peu de culture cinématographique et vidéoludique, tout aura déjà été vu et revu. Qui plus est, tout y est très prétentieux, comme si Snyder pensait nous montrer de l’extraordinaire à chaque seconde. Sucker Punch, un énorme faux pas dans la cinématographie de Snyder, à oublier très vite.

Pondération scientifique des rédacteurs

NOTE
2/10

BAREME DU GORE


TROUILLOMETRE
[+] On cherche…
[-] Un univers prétentieux et pas original
[-] Un scénario calamiteux
[-] Des acteurs insipides
[-] Des effets spéciaux peu impressionnants
[-] Un final ridicule