Survival of the Dead

survival of the deadvuaubifff12009, réalisé par Georges A. Romero
Note : 7/10
Barème du gore :

Trouillomètre :

Ce bon vieux Romero n’a décidément pas fini de hanter les salles de cinéma, pour notre plus grand bonheur. S’il semble moins ambitieux qu’en ses jeunes années, il a le mérite de nous faire passer un agréable moment, avec un talent indéniable pour « l’instant gore ».

« Un peu de zombies, un peu de critique sociale, un peu d’humour, vous connaissez la formule, c’est du Romero ! » C’est, à peu de chose près, en ces termes que l’animateur du BIFFF (dont je tairai le nom*) a lancé Survival of the Dead devant une audience majoritairement composée de fans sauvages rugissant d’impatience avec un peu d’écume aux commissures des lèvres. Avouez qu’il y a mieux pour chauffer son public ; personnellement, je voulais crier au blasphème : après tout, c’était du maître et inventeur du genre zombiesque dont on parlait ! Avec cette formule aussi légère que la recette d’un banal cake, le bonhomme se montrait un peu maladroit. Mais sur le fond, il avait raison. Hélas ? Non !

Survival of the Dead

De la critique sociale, Romero glisse sensiblement, film après film, vers la satire : l’aspect humoristique est désormais pleinement assumé par le maître, qui exploite maintenant à fond le potentiel comique des zombies. Romero va de clin d’oeil en clin d’oeil à son public, avec une joyeuse autodérision. La satire en question porte ici, principalement, sur les conflits idiots où aucune des parties ne se souvient vraiment de ce qui a déclenché leur désaccord. Pour illustrer ce principe, sont mises en scène deux familles qui se partagent une île et ont toujours été opposées (chacun des deux chefs de famille veut « avoir raison », mais on ne saura jamais à propos de quoi…). Lorsque l’épidémie mort-vivante se déclare, elles n’ont évidemment pas la même vision des choses, la première estimant qu’il faut anéantir les zombies un par un, l’autre qu’il vaudrait mieux les garder « en vie » jusqu’à ce qu’on trouve un antidote. A la recherche d’un endroit relativement calme, quelques militaires en errance parviennent jusqu’à cette île et se liguent avec Patrick O’Flynn, pater familias d’une des deux familles.

Survival of the Dead

Du coup, la lutte entre les deux familles va atteindre son paroxysme, et il y aura plus de victimes parmi les vivants que parmi les morts. Ceux-ci servent d’ailleurs plus de décor qu’autre chose ; ils sont tout sauf menaçants, et les éliminer s’avère souvent être une corvée, ce qui ajoute au comique des situations. En matière de dégommage de morts-vivants, c’est la créativité qui est de mise : de la combustion par fusée de détresse à l’explosion crânienne par injection de mousse d’extincteur, on va de surprise en surprise. Ces exécutions inventives ont soulevé quelques vagues d’applaudissements, de fous rires et de hurlements barbares dans la salle du BIFFF.

Survival of the Dead

Plus drôle que réellement intéressant, avec un bon rythme mais une conclusion un peu naze, Survival of the Dead apparaît comme anecdotique dans la carrière de Romero. Le traitement du sujet abordé manque de conviction et l’histoire est, somme toute, assez banale, reprenant ou détournant seulement les poncifs du genre. On passe néanmoins un excellent moment de série B. Pas une pièce majeure, mais une valeur sûre !

* parce que je m’en rappelle pas

Le PS de Dam :

A noter que Romero, comme dans son Land of the Dead, s’attarde encore une fois aux réflexes que pourraient garder les zombies dans leur nouvelle « vie ». Ainsi dans Survival of the Dead, ne soyez pas étonnés de voir un facteur-zombie poster péniblement une lettre, un bucheron-mort-vivant couper approximativement du bois et enfin l’une des filles d’un des patriarches monter à cheval malgré son décrépissage. A hurler de rire.