[Critique] Terror of Bloody Prehistoric Creatures from Space

Terror of Bloody Prehistoric Creatures from Space est un film au titre aussi long que son budget est minuscule. Parodie en mode Z des films naturistes ou « à monstres » des années 50, mais aussi de Jurassic Park, ce petit délire entre amis a réussi à nous plonger dans un état de léthargie profond.

Année de production : 1998
Pays : France
Durée : 1h20

Réalisé par Richard J. Thomson
Ecrit par Richard J. Thomson
Avec Laurent Dallias, Coralie et Edouardo Pisani
Budget : pas beaucoup


Richard J. Thomson, de son vrai nom Julien Richard, n’en était pas à son premier méfait, puisqu’il avait déjà « commis » des films tels que Time Demon, Roboflash Warrior ou encore Attack of Serial Killers from Outer Space, toutes des sous-productions. Dans Terror of Bloody Prehistoric Creatures from Space , un scientifique laisse s’échapper des dinosaures qui sèment le trouble dans la campagne française. Enfin, des dinosaures… A côté de ces reptiles, les tyrannosaures d’Aztec Rex (pour prendre un exemple de critique récente) sont le caviar de l’effet spécial. Attendez-vous donc à des T-Rex en papier mâché et à des raptors en longues chaussettes enfilées sur l’avant-bras. Série Z oblige.

Autre caractéristique obligée de ce type de production : un quota de boobs minimum. En l’occurrence, le ratio boobs/filles à l’écran peut être établi à 2 :1 exactement. Autrement dit, il n’y a pas une seule actrice dont vous ne verrez pas les nibards dans Terror of Bloody Prehistoric Creatures from Space. Vu comme ça, le film pourrait paraître plutôt sympathique, avec sa chair fraîche, ses effets spéciaux pourraves et son ambiance parodique. Il ne manquait plus que ce soit drôle. Et non seulement ce n’est pas marrant du tout, mais en plus c’est agaçant.

Le problème du film est qu’il assume trop son côté série Z ; les séries Z sont justement drôles lorsqu’elles se prennent pour davantage que ce qu’elles sont, quand on voit se déployer devant nos yeux des trésors d’énergie pour faire du Titanic ou du Gladiator avec l’argent de poche du week-end, la caméra de tonton et la certitude naïve et touchante qu’au final, ça va le faire. Thomson, lui, n’a pas cette candeur, et assume totalement. Soit. Mais que reste-t-il, alors, pour captiver un public ? L’humour, pardi ! Et c’est le parti qu’a décidé d’embrasser Thomson… pour notre plus grand désespoir.

Car c’est un humour lourd, excessif, gesticulant qui nous est servi. Le fait que les acteurs n’en soient pas réellement n’arrange rien, hélas, alors que cet amateurisme aurait pu faire mouche dans un autre contexte. On se retrouve ainsi pêle-mêle avec un clown aux répliques nulles, un garde forestier hystérique aux grimaces agaçantes et un boy-scout catholique complètement fanatique qui veut chasser les exhibitionnistes de tout poil de la région. L’auteur a d’ailleurs tenté, avec ce personnage, une critique de l’Eglise, mais cette critique est tellement éculée et peu subtile que ça tombe à plat.

Côté scénario, on nage dans un (volontaire ?) flou artistique. Entre les différentes scènes gores (plutôt rares en fait) ou sexy, on tente de suivre des dialogues inintéressants au possible qui se voudraient drôle. Nous avons des témoins : pas un sourire ne nous a été arraché. Et pourtant nous sommes bon public. Les seuls éléments un peu amusants sont les références à Jurassic Park, justement, comme le sandwich qui tremble à chaque pas du monstre (dans Jurassic Park, c’est un verre d’eau), ou le cri de la bête qui est en fait l’enregistrement d’un seul et unique cri de T-Rex dans le film de Steven Spielberg.

Le faible budget et le côté sympathique de cette production n’adouciront donc pas notre verdict : Terror of Bloody Prehistoric Creatures from Space ne propose qu’une grosse heure d’ennui profond. Bien sûr, il y aura des amateurs, et on les comprend. Certains n’hésitent cependant pas à qualifier de « génial » un film qu’ils n’ont que moyennement aimé, voire pas du tout, simplement parce que ce film est « underground », à faible budget, déjanté ou, comme c’est le cas ici, co-produit par Mad Movies. Ce n’est pas notre cas.

Pondération scientifique des rédacteurs

NOTE
1/10

BAREME DU GORE


TROUILLOMETRE
[+] Une référence amusante à Jurassic Park
[+] Excellent somnifère
[-] Un humour pas très humoristique
[-] Des gesticulations incessantes
[-] Ne fait pas regretter nos bonnes vieilles cassettes vidéo
[-] Cauchemars garantis à la vue des horribles maillots de bain féminins des années 90