2009, réalisé par Jon Harris
Note : 8/10
Barème du gore :
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Trouillomètre :
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Nous l’attendions de pied ferme. Il n’était pas sorti en salle dans nos contrées. Il était annoncé pour avril en DVD. Je reçois un coup de fil. Ah ce bon vieux Jean, me dis-je, que me veut-il encore ? Quoi ? The Descent 2 est disponible chez ton vidéo-club préféré ? You must be joking ! Non, il était sincère et je pouvais imaginer une petite larme au coin de son œil en m’invitant dès ce moment à notre prochaine « Série B Night » afin de gouter à ce nouveau menu tant espéré.

Séance de rattrapage : Sarah s’était échappée de la grotte in extremis en sacrifiant son amie Juno (dont on avait vanté les louanges dans le premier épisode). Notre jolie blonde revenant toute seule et pleine de sang de cette péripétie est alors sérieusement suspectée par un vieux shérif au cheveux blancs d’avoir tué et abandonné ses copines spéléologues dans ce qu’on apprend maintenant être une mine ! Car oui, le seul point scénaristique intéressant dans The Descent 2 est que quelques portes s’ouvrent quant à une explication du pourquoi et du comment de ces affreux mutants (appelés les « Crawlers »). N’espérez pas une vraie explication, ça reste très succinct et laisse plutôt l’occasion à chaque spectateur de se faire sa propre élucubration. Notre bon shérif, sans doute en manque de sensation forte, décide donc d’organiser une nouvelle descente un peu improvisée en prenant bien sûr le soin d’embarquer Sarah dans l’aventure. Elle, soi-disant amnésique, ne dit pas un mot et se laisse faire jusqu’à ce que ces souvenirs remontent à la surface tel un Crawler allant chasser son gibier à l’air libre.

A partir de ce moment, place au carnage. S’ensuit une succession de scènes ultra efficaces, souvent très gores et remplies de situations cradingues. On pense notamment à la meilleure scène du film toutes catégories confondues, dans laquelle Sarah et un gentil flic se retrouvent dans ce qu’on appelle communément une fosse à merde de mutants. Gisant dans la fiente, celles-ci se font littéralement chier dessus en silence par un crawler avant qu’il ne décide de faire un plongeon dans le mets délicat, les genoux collés au torse, tel un enfant faisant une « bombe » dans une piscine pour impressionner ses amis ou emmerder ses parents. Séance de rire garantie. D’autres scènes du genre parsèment le film et rempliront d’allégresse les plus friands de bains de sang et de tamponnages de crânes de mutants.

C’est sûr, l’effet de surprise du premier film a disparu. Certes, le scénario fait figure de prétexte et les personnages ont été écrits sur le dos d’un timbre-poste. Mais tout ceci est compensé par une exacerbation des principaux ingrédients qui avaient fait du premier opus une vraie réussite. The Descent 2 est plus gore, plus crasseux, plus jouissif. La tension est moins palpable mais les scènes de sursauts sont nombreuses et font jeu égal avec celles de Drag Me To Hell de Sam Raimi. En effet, même les plus habitués se feront surprendre, vous pouvez comptez là dessus.

Ces éléments nous amènent à un sentiment plutôt partagé. On déplore le fait que le film ait été fait à la va-vite. Il serait rentré sans aucun doute dans le panthéon des plus grands films d’horreur si les scénaristes avaient imaginé une vraie histoire et avaient développé en profondeur le design caractériel de chaque personnage. Ici, on sent qu’ils ont voulu exploiter une dernière fois le concept en s’éclatant et en ne se refusant rien. Ça comble donc largement les espérances de ceux qui avaient adoré le premier et donnera aux autres l’envie de se le procurer rapidement à moins qu’ils aient été rebutés à juste titre par le manque total de scénario.