2009, réalisé par Tom Six
Note : 2 / 10
Barème du gore
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Trouillomètre

Si The Human Centipede avait été un film comique, on aurait dit qu’il n’y avait pas de quoi faire plus qu’un simple sketch. En l’occurrence, l’idée du pitch est venue au réalisateur Tom Six d’une blague qu’il avait faite avec des amis. Une blague qui aurait mieux fait de rester une « private joke »…
Dieter Laser, dont le faciès de SS (pardon, mais c’est le cas) est plus convaincant que la performance d’acteur, incarne un chirurgien retraité complètement fêlé et misanthrope qui s’est mis dans la tête de créer un « mille-pattes humain » en reliant trois individus compatibles par la bouche et l’anus… Vous devinez de quoi se nourriront les deux derniers de la file. C’est frais, hein ? Pas de chance pour Lindsay et Jenny, puisque c’est sur elles que le Dr. Heiter a jeté son dévolu pour les attacher au postérieur de Katsuro, un japonais peu avare en insultes.
C’aurait pu être horrible ou très drôle, ou même les deux. Mais le fait est que c’est juste ridicule et assez chiant. Car passé l’effet de surprise du plan diabolique, il ne se passe à peu près rien, le tout se terminant avec l’arrivée de deux flics peu dégourdis qui prennent tout leur temps pour comprendre que le docteur est coupable, alors que c’était écrit sur son front en lettres capitales et en gras. D’ailleurs, le comportement des personnages en général n’est pas crédible pour deux sous. Si vous aviez réussi à sortir de la maison où l’on vous séquestre, que feriez-vous ?
a) prendre vos jambes à votre cou et prévenir la police au plus vite pour qu’elle vienne arrêter ce fou furieux et sauver votre amie
b) faire demi-tour et redescendre d’un étage pour traîner le corps de votre amie sous sédatifs, en espérant pouvoir vous échapper.
Si vous hésitez, ne fut-ce qu’une fraction de seconde, n’hésitez pas à nous le faire savoir.
Ceux qui pensaient tenir là le film le plus malsain de la décennie seront déçus. Tout cela est certes un peu dégueulasse, mais l’incongruité du scénario et des personnages fait plutôt sourire ou soupirer. On comprend mal que certaines personnes aient quitté la salle lors des projections tests, car il n’y a guère plus à l’écran que ce à quoi on pouvait s’attendre. Finalement pas très gore, The Human Centipede nous aurait sans doute convaincu davantage s’il avait joué la carte du second degré, après nous avoir cependant donné un faux espoir avec cette stèle trônant dans le jardin du méchant : « à mon triple chien bien-aimé. »
The Human Centipede est à réserver, bien sûr, à un public averti, car certaines scènes pourraient choquer les âmes sensibles. Les autres hausseront sans doute un sourcil ou rigoleront bien, s’ils sont d’humeur bifffesque. Un savoureux navet qui « occupe un monde où les étoiles ne brillent pas* ».
* : Roger Ebert, qui a refusé de donner une note au film, jugeant le système des étoiles inadapté dans le cas présent.