2009, réalisé par John Hillcoat
Note : 8/10
Barème du gore :
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Trouillomètre :
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De la poussière entre les dents. Une couche grise couvrant leur corps. Du plastique à leurs extrémités, isolant de fortune. Au loin, le néant. Arbres, lumière, chaleur ; tout cela n’est plus que souvenir, faisant place à des étendues chaotiques et brunâtres. Suite à une apocalypse de nature inconnue, un homme traverse avec son jeune fils un territoire ravagé en direction du sud, pour atteindre la mer. Inspiré du roman éponyme de Cormarc McCarthy, The Road est sans conteste une des très bonnes surprises cinématographiques de l’année.

The Road, film post-apocalyptique, nous plonge dans l’univers impitoyable qu’est devenue en quelques années la planète Terre. Suite à un mystérieux éclair dans le ciel, toute forme de vie végétale comme animale a cessé d’exister. Des paysages gris et flous sont tout ce qui reste aux quelques humains qui ont survécu. Deux camps s’affrontent indirectement : des exilés nomades fuyant vers le sud en quête de quelques grammes de nourriture, et des clans de mercenaires cannibales, résignés à devenir de violents anthropophages. Les deux personnages principaux, appartenant à la première catégorie, suivent leur route, défiant tant bien que mal les dangers de cette nouvelle vie. Le caractère manichéen du monde tel qu’il est devenu apparaît, brillamment camouflé, dans les pensées du jeune garçon, pour qui le monde est rempli de « gentils » et de « méchants ». Selon lui, son père et lui portent la « flamme » en eux, signe distinctif des personnes ayant de bonnes intentions.

The Road est un film réussi à tous points de vue. L’atmosphère et la photo du film sont tout bonnement étonnantes ; on croirait presque que de la poussière s’est incrustée dans la caméra du réalisateur. The Road immerge complétement le spectateur dans le film grâce à ces images crasseuses et au jeu très convaincant de l’acteur principal, Viggo Mortensen, composant à merveille son personnage, tiraillé entre espoir, souvenirs et instinct de survie. La relation père-fils est magistralement narrée entre moments de stress, de froideur, de douleur mais parfois aussi d’allégresse, de joie et de bonheur.

Sujet à de nombreuses réflexions, The Road, pèche tout de même par quelques longueurs mais plait pour ses scènes post-apocalyptiques et les sentiments véritables qu’il dégage. Parfois lent et sans objectif clair, le film est comme le miroir de ce que ressentent ces derniers représentants de l’Humanité et nous procure un moment plein de douleur autant que de poésie. The Road nous rappelle que le monde que l’on connait actuellement, loin d’être l’enfer que certains décrivent, ressemble plutôt à un paradis très imparfait dont on devrait prendre grand soin.
