[Critique] The Walking Dead #2 – Guts

2010, réalisé par Michelle McLaren
Note : 7 / 10
Barème du gore

Trouillomètre

Après la claque d’un premier épisode au-delà de tout espérance, le deuxième était attendu au tournant… Au point d’en demander trop ?

C’est dans ce genre de situation que l’on prend véritablement conscience du talent d’un réalisateur, en l’occurrence Frank Darabont. Ayant personnellement dirigé le premier épisode, il a laissé les manettes à Michelle Maxwell MacLaren pour le deuxième. Et ça se ressent. Certes, le format plus réduit (45 minutes contre 66) permettait moins d’amplitude, moins de liberté. Mais le fait demeure : après un pilote qui avait tout (sinon la durée) d’un excellent film, l’épisode 2 nous a fait redescendre sur la planète des séries qui ne pètent pas plus haut que leur cul, et c’est dommage.

Sur le fond, bien sûr, tout est moins maîtrisé. MacLaren semble avoir comme marque de fabrique les mouvements rapides de caméra, ce qui n’est pas mal pour distiller un stress permanent, mais n’atteint jamais la profondeur de Darabont. Le scénario n’aide en rien, il est vrai. Un scénario qui s’écarte volontiers du comic book (voir notre dossier), puisqu’on rencontre une série de personnages inconnus, plus ou moins intéressants. Certains sont un peu caricaturaux, comme T-Dog et Merle, d’autres sont parfaitement transparents, comme Jacqui, personnage absent du comic book et qui n’a l’air d’être là que pour faire de la figuration. La série semble également vouloir rapprocher davantage les personnages de Rick et d’Andrea, qui ne devait être rencontrée (toujours d’après la bande dessinée) que plus tard.

A vrai dire, le lecteur du comic book se demandera un peu pourquoi ont été ajoutés cet épisode et ces personnages qui n’apportent, au fond, pas grand-chose. Le résultat est que l’on se retrouve avec davantage de personnages que dans la BD, qui en compte déjà pas mal. Du coup, l’épisode passe plus de temps à faire les présentations qu’à décrire le caractère apocalyptique du monde tel qu’il est devenu et la profonde détresse des personnages, ce qu’avait fait avec brio le premier épisode. Les écarts de Darabont au scénario original cristallisaient des émotions puissantes, des destins tragiques d’individus cernés avec justesse. Ici, les « innovations » se résument à des conflits d’intérêts de bac à sable et à une tentative de parenthèse humoristique qui manque le coche.

N’allez cependant pas croire que ce deuxième épisode est bon pour la poubelle. Il s’agit notamment de voir comment ces nouveaux personnages vont être gérés dans les épisodes suivants. Et malgré les réserves citées plus haut, l’ensemble reste plus que divertissant. Les premiers rôles (Rick, Glenn, Andrea, Lori, etc.) restent aussi excellents que les seconds sont médiocres. Les scènes gores sont bien dégueulasses et celles d’action grisantes, avec mention spéciale pour la voiture de sport pilotée par Glenn, l’une des seules bonnes trouvailles de cet épisode. Bref, trop de blabla, pas assez de tension dramatique mais un quota réglementaire de scènes fun. Espérons que cette baisse de régime n’aurait été que passagère.