2010, réalisé par Frank Darabont
Note : 9 / 10
Barème du gore
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Trouillomètre

Le moins que l’on puisse dire, c’est que la fébrilité de l’attente était perceptible. En quelques années, The Walking Dead est devenue l’une des séries de comics les plus vendues et les plus appréciées, tant par les lecteurs que par la critique. L’annonce de son adaptation à la télévision avait donc eu l’effet d’une petite bombe dans l’univers geek, d’autant que c’est Frank Darabont, réalisateur de The Mist notamment, qui s’y collait.
Notre petit cœur battait la chamade, surtout à cause de la peur d’être déçus. Angoisse vite dissipée, après l’abattage par Rick, le héros de la série, d’une petite fille zombie. Générique ! Et Darabont de nous donner une leçon d’entrée en matière percutante. Bref rappel, pour ceux qui n’ont jamais touché à la bande dessinée (honte à vous !), de l’histoire (garanti sans spoiler) : Rick, ex-flic, se réveille d’un long coma après une fusillade. Il émerge dans un monde dévasté, peuplé de morts-vivants. Il rencontre quelques-uns des rares survivants et part à la recherche de sa femme Lori, et de son fils Carl, avec l’intime conviction qu’ils sont encore en vie.
La bande-dessinée a été respectée avec intelligence, c’est-à-dire sans pousser l’imitation jusqu’à l’absurde et en ajoutant quelques éléments plus « télégéniques » que la BD n’aurait pas pu comporter. Ainsi, ce qui a fait en grande partie le succès du comic book, à savoir les relations complexes entre les différents personnages, a non seulement été repris dans la série, mais a même été creusé davantage. Empty Orbit vous propose d’ailleurs un dossier spécial qui analyse les différences entre la bande dessinée et la série télévisée. Mais ici, attention : spoiler !

Darabont a su trouver le rythme juste, avec un crescendo qui a perdu en célérité (par rapport à la série) ce qu’il a gagné en tension dramatique. Il réussi donc le pari – rarement atteint – de réaliser une adaptation qui soit à la fois personnelle et fidèle à l’œuvre d’origine. Grâce à des astuces scénaristiques bien pensées et crédibles, on fait rapidement connaissance avec la majorité des personnages les plus importants de la série, ce qui, à nouveau, n’était pas le cas dans la bande-dessinée de Robert Kirkman et Tony Moore.
Enfin, il faut souligner la qualité des effets spéciaux, des maquillages et des décors. Rarement on a vu des morts-vivants aussi décomposés et réalistes, même dans les films les plus récents à gros budget. Les décors ne se limitent pas à des pièces fermées, mais sont souvent grandioses : hôpital abandonné, ville déserte, autoroute saturée de voitures à perte de vue… Bref, AMC a mis les moyens, et ça se voit ! Mis à part le format (66 minutes), ce premier épisode a tout des meilleurs films du genre. A voir absolument.
Note : Frank Darabont, qui supervise la série, n’a réalisé personnellement que le premier épisode.