[Critique] Tremors

Valentine et Earl sont deux cow-boys sympathiques et débrouillards, hommes à tout faire à plein temps. Selon les jours, ils sont déménageurs, installateurs de clôtures ou ramasseurs de crotte du seul bled de la vallée : Perfection, quatorze habitants, eux deux compris. Lassés de cette situation, ils décident de quitter la zone, résistant héroïquement aux avances de Mme Nancy qui leur offre bière et repas pour une prochaine livraison de bois, ce qui nous vaut une première réplique en or : « I can’t believe we said no to free beer ! »

Année de production : 1990
Pays : Etats-Unis
Durée : 1h36

Réalisé par Ron Underwood
Ecrit par S.S. Wilson, Brent Maddock et Ron Underwood
Avec Kevin Bacon, Fred Ward, Finn Carter
Budget : 11 millions de dollars environ
Titres : Tremors (international)



Les deux compères auraient cependant mieux fait de partir la veille. Aidés par une jolie étudiante en sismologie, ils découvrent que les récentes secousses sont dues à quelques vers géants anthropophages qui se déplacent sous la terre à la recherche de viande fraîche. Les amateurs de science-fiction auront tout de suite repéré la référence à Dune et son ver des sables, mais la comparaison s’arrête là. Les « grapoïds » (traduire « attrapoïdes ») – comme les ont appelés les habitants de Perfection, d’abord plus occupés à leur trouver un nom qu’à tenter de leur échapper -, sont un peu plus grands qu’une voiture et vous attrapent avec des serpents sortis de leur gueule. Bien qu’invertébrés, ils disposent d’une carapace qui résiste aux cartouches « spéciales éléphants », sinon ce serait trop facile. La seule solution semble alors de rejoindre les montagnes, que les vers géants ne peuvent pas manger.

Tremors

Difficile cependant d’échapper à ces créatures qui avancent bien plus vite que ne court un être humain et qui se repèrent à la moindre vibration du sol. Première méthode infaillible : le saut à la perche de rocher en rocher (une scène absurde mais assez drôle). Deuxième technique : le bulldozer de 30 tonnes. L’art de la débrouillardise de Valentine et Earl va ainsi les consacrer comme leaders de la bande. Mis à part quelques tensions mineures, tout le monde se sert les coudes et, l’air de rien, cela fait du bien après tous ces films qui font mine de complexifier leur trame avec des conflits d’intérêt… sans intérêt.

Tremors

D’ailleurs, personne n’est méchant ou mal intentionné dans Tremors, sinon les vers. Très peu gore, le film reste dans la suggestion et l’ambiance est franchement à la rigolade. Chaque tirade ou presque est drôle, d’autant plus si elle sort de la bouche du nonchalant Valentine (Kevin Bacon), dont rien que l’expression est hilarante, mais peut-être est-ce parce qu’il me fait penser à Jim Carrey. Quand il nous lâche dans son américain profond des réflexions du genre « Hey, check this out ! I found the ass end ! », on se dit qu’on atteint des sommets et on s’essuie une larme au coin de l’œil. Bacon était taillé sur mesure pour ce rôle, et le comique du film repose en grande partie sur son duo avec Fred Ward. La complicité des deux acteurs se ressent d’ailleurs dans celle de leurs personnages.

Tremors

Mais la palette de protagonistes recèle aussi quelques magnifiques seconds rôles, à commencer par Mr Chang, qui a à peine aperçu un morceau de ver qu’il le rachète à Valentine et Earl pour proposer à ses clients de faire une photo avec le monstre, pour la modique somme de 3$. Ironie du sort ? – il se fera happer par la créature qu’il voulait commercialiser. Ensuite, il y a Mr et Mme Gummer, un couple un peu fêlé qui cache une armurerie dans sa cave et bricole des bombes artisanales pour botter le cul des vers géants ; des pros de la gâchette qui n’hésitent pas à sortir la grosse artillerie, en somme.

Tremors

Sans aucune prétention et presque « tout public », Tremors vous fera passer à coup sûr un excellent moment, avec son humour un peu absurde, sa galerie de personnages attachants et son rythme soutenu, sans longueur. Les effets spéciaux, assez corrects, sont ni plus ni moins à la hauteur de ce que l’on attend pour ce genre de film ; on verrait parfois presque les fils qui tirent les serpents, mais après tout c’est loin d’être l’essentiel. On terminera avec cette citation quasi philosophique de Valentine: « See, we plan ahead, that way we don’t do anything right now. Earl explained it to me. »

Pondération scientifique des rédacteurs

NOTE
9/10

BAREME DU GORE


TROUILLOMETRE
[+] Un duo Bacon/Ward qui fonctionne on ne peut mieux
[+] Une palette de personnages tous (même les seconds rôles) très attachants
[+] Des répliques cultes
[+] Des situations tordantes
[+] De l’entraide plutôt que des conflits d’intérêt
[+] Un rythme soutenu
[-] Des effets spéciaux pas incroyables (mais au fond on s’en fout)
[-] C’est tout pour les défauts !