Zombieland

2009, réalisé par Ruben Fleischer
Note : 7/10
Barème du gore :

Trouillomètre :

Quand toute la population a été décimée et que vous êtes la proie de hordes assoiffées de sang, il ne faut pas oublier quelques règles toutes simples. Par exemple : la ceinture de sécurité.

Colombus (Jesse Eisenberg) était un ado mal dans sa peau, asocial, geek et parano qui rêvait d’enrouler la fille idéale mais passait son temps sur World of Warcraft. Un vrai no-life. Autrement dit, c’était un raté lorsque le monde tournait encore rond mais aujourd’hui, il est l’un des mieux préparés pour passer entre les mailles de la sélection naturelle. Colombus ne veut pas péter la tronche à un maximum de zombies : il veut avant tout sauver sa peau. Depuis que la seule jolie fille qui soit entrée chez lui l’a réveillé la bave aux lèvres et les yeux injectés de sang, il se méfie. Et on ne se méfie jamais trop à son goût, surtout lorsqu’on a le physique d’une crevette.

zombieland

Les règles de survie que s’impose Colombus feront à coup sûr sourire les aficionados de films de zombies. Notre geek attachant ne laisse passer aucun cliché : il se méfie des toilettes (il y a toujours un mort-vivant planqué entre une porte et un urinoir), vérifie systématiquement les banquettes arrières des véhicules et s’assure que chaque zombie qu’il abat est correctement achevé en lui infligeant une « double dose » de sécurité (une balle dans la tête). Colombus incarne ainsi tous les fans de films d’horreur qui se sont toujours demandé pourquoi les héros de leurs films préférés se comportent constamment de manière irréfléchie, alors qu’avec un minimum de prudence, on peut s’éviter pas mal d’ennuis.

zombieland

Les premières minutes de Zombieland sont grisantes : c’est plus gore que pressenti et les gags s’enchaînent avec un humour qu’on aurait pas soupçonné. Les blagues sont trash mais jamais méchantes (sauf sur les gros, mais les vannes sur les personnes à surcharge pondérale sont un classique de la comédie américaine) ; l’humour parfois un peu benêt fait penser à Tremors. Le premier personnage que rencontre Colombus, Tallahassee (Woody Harrelson) pourrait d’ailleurs être le frangin de Valentine : un cow-boy sensible qui ne fait pas dans la dentelle. Tallahassee prend un plaisir non dissimulé à dégommer du revenant, et Colombus le considère comme un véritable artiste en la matière. Qui aurait soupçonné qu’un tel personnage puisse vouer une passion sans bornes aux « Twinkies » (une pâtisserie !) ? Du bon délire bien débile comme on aime.

zombieland

Tout ça sent un peu trop la testostérone, et Colombus et Tallahassee ne tardent pas à tomber sur deux soeurs, Little Rock (Abigail Breslin) et Wichita (Emma Stone) qui commencent par les entuber avant de devenir leurs compagnons de route. A partir de là, le film lorgne (un peu trop à notre goût) sur le sentimentalisme : on apprend que Tallahassee a perdu son jeune fils et que si Wichita veut aller vers l’ouest, c’est pour permettre à sa petite soeur de voir le parc d’attraction de Pacific Playland et lui donner un peu de poésie dans ce monde de brutes. Comme attendu, Colombus et Wichita se rapprochent.

zombieland

Cette accalmie du milieu du film, qui offre tout de même un énorme délire avec Bill Murray (lequel fait preuve d’une jolie autodérision) et Ghost Busters, plombe un poil l’ambiance mais, heureusement, la fin réserve un gros défouloir qui sent la poudre dans le parc d’attractions. Notons également un jeu graphique amusant tout au long du film (les règles de survie de Colombus apparaissent dans le décor) et un générique de début qui dépote. Au final, Zombieland ressemble à un assemblage plus ou moins bien foutu de sketches souvent hilarants, à condition d’aimer cet humour typiquement américain. On ne résistera pas à la tentation de le comparer avec son homologue british, Shaun of the Dead.