Dead Snow (Død snø)
Jean | 13 avril 2009
Quelle frénésie ! Dod Sno (Dead Snow) était LA friandise attendue avec impatience par les bifffeurs présents à la Nuit du Fantastique. Leurs espoirs ont été comblés, c’est le moins qu’on puisse dire. Que voulez-vous : le bifffeur aime les plaisirs simples et sauvages ; donnez-lui à voir de beaux paysages (enneigés en l’occurrence), de belles nanas, des cascades en motoneige et (surtout) du gore en veux-tu en voilà, et il sera au septième ciel. Si en plus le tout est saupoudré d’un humour gentiment décalé et que le rythme est suffisamment soutenu, la recette a de fortes chances d’accoucher d’un chef d’œuvre. C’est le cas de Dod Sno.

Rien de plus vraisemblable qu’une bande de jeunes étudiants en médecine qui décident de passer leurs vacances de Pâques dans un petit chalet perdu au cœur des montagnes enneigées. Rien de plus normal qu’ils s’amusent comme des gosses, boivent de la bière, écoutent de la musique et profitent de l’isolement pour avoir quelques expériences sexuelles. Rien de plus prévisible, aussi, que l’arrivée d’un annonciateur qui les met en garde contre un Mal qui habite la région. Une malédiction dont nos étudiants bien rationnels ne pouvaient que se moquer. On le voit, le schéma est d’un classicisme parfait. C’est la nature du Mal qui fait l’originalité de Dod Sno : la découverte d’un trésor de la Seconde Guerre Mondiale par nos sympathiques héros provoque la colère de morts-vivants nazis qui se mettent à percer la neige comme des mauvaises herbes, le casque mal vissé, l’œil vitreux et la rage d’en découdre. Ni plus ni moins.

Commence alors une série de poursuites et carnages selon trois points de vue, puisque nos amis ont eu la fausse-bonne idée de se séparer, un des nombreux clichés du genre que le film reprend avec un second degré souvent hilarant. Ainsi du cinéphile de la bande, érudit en matière de zombies, qui met tout le monde en garde : il ne faut se faire mordre sous aucun prétexte ! C’est celui-là même qui, en sa qualité d’amateur de cinéma, arbore un t-shirt à l’effigie de Braindead, le chef-d’œuvre de Peter Jackson. Plus qu’un simple clin d’œil, en vérité : à Braindead, Død Snø emprunte le plaisir inlassablement jouissif du carnage de morts-vivants attardés jusqu’à la bouillie, à la seule différence que le premier était un “conte” intemporel, là où le second met en scène des jeunes tout ce qu’il y a de plus contemporain. Le motoneige comme mixeur de zombies ne peut d’ailleurs que faire penser à la tondeuse à gazon détournée de Brain Dead. Si l’humour est moins grotesque que dans Braindead, il est cependant bien présent, parfois avec subtilité (on songe à la faucille et au marteau qu’un des protagonistes utilise comme armes en souvenir des Soviétiques qui ont combattu les mêmes soldats allemands au même endroit, il y a plus de 60 ans), parfois au contraire avec une jouissance barbare (celle, par exemple, de marteler le crâne d’un mort-vivant au point qu’il n’en reste plus rien).

Død Snø s’est approprié les codes du genre et, loin de les détourner, les a sublimés.. pour notre plus grand plaisir. Quelques mots enfin sur le décor, une grande étendue de neige pure et éclatante, qui isole et met en valeur les personnages, l’action, la rougeur du sang, par un génial effet de contraste.
L’avis de Dam : Le Braindead des temps modernes à la sauce norvégienne. Il ne manquait seulement qu’un sadique bébé mort-vivant..nazie.



