2008, réalisé par George A. Romero
Note : 7/10
Barème du gore :
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Trouillomètre :
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La mode a rattrapé Romero, à moins que ce ne soit l’inverse. Quoi qu’il en soit, le champion du zombie s’est mis à la caméra à l’épaule tenue par un des protagonistes du film. Un caractère d’authenticité fort apprécié ces dernières années, en particulier dans le domaine de l’horreur (voir notre chronique de [Rec], mais aussi pour des films hollywoodiens comme Cloverfield). Cependant, ce n’est pas le caractère de prétendue authenticité qui semble avoir intéressé le maître, et d’ailleurs il se permet par quelques astuces de rajouter de la musique et de faire passer au montage ce qui aurait dû rester une suite de rushes (comme dans [Rec] justement).
Non, ce qui a intéressé Romero dans l’approche, c’est d’abord évidemment le caractère social que cela peut revêtir. Avec ce procédé, Romero est au plus près de ses héros et de leurs réactions, parfois paradoxales ou illogiques, mais toujours profondément humaines. Aussi, Romero est probablement l’un des premiers à constater le profond effet de mise en abîme auquel le procédé peut donner lieu. En effet les héros du film ne sont autres que des étudiants en cinéma qui tournent… un film de momies ! On peut aussi évoquer les scènes à deux caméras, où les caméramans se filment l’un l’autre, s’interrogeant sur le bien-fondé de la démarche de vouloir filmer l’horreur. Comme d’habitude avec Romero, on se retrouve donc non pas avec un simple film de morts-vivants mais avec une réflexion, en l’occurrence ici sur les médias, l’information et les réactions individuelles et collectives que cela entraîne. Le film est en outre un miroir pour Romero lui-même qui, non sans une touche d’auto-dérision, remet en cause le statut de l’image et du cinéaste.
Bien sûr, le film ne se résume pas à ces considérations presque philosophiques, qui apparaissent sporadiquement, sinon seulement en toile de fond. L’histoire est assez banale, puisque réaliste, et l’on suit le groupe d’étudiants fuyant d’un endroit à un autre. Chaque situation sera l’occasion de faire l’expérience des faiblesses et de la folie des hommes plus que de l’agressivité des zombies (assez mous, il faut le dire). C’est ainsi que l’on voit la conductrice du van se suicider, désespérée après avoir écrasé une série de morts-vivants et ne sachant plus où est la limite entre le vivant et le mort. A-t-elle tué ? Lassée de chercher la réponse, elle met fin à ses jours. De même on rencontre la folie de l’acteur qui devait interpréter la momie, seul et ivre dans son manoir, ayant coulé dans sa piscine ses parents, sa fiancée et les domestiques transformés en morts-vivants.
Toute cette gravité ne doit pas faire oublier que Diary of the Dead est un bon divertissement, avec des personnages bien cernés et parfois assez drôles comme le professeur, un gentil cynique qui maîtrise parfaitement l’arc à flèche et l’épée (vous devinez à quoi cela lui servira).
Diary of the Dead fait mieux que Land of the Dead : la critique sociale est mieux maitrisée par Romero lorsqu’il l’applique aux survivants et non aux morts, qui ne sont après tout qu’un prétexte.
