Eden Lake
Dam | 27 janvier 2009
2008, réalisé par James WatkinsNote : 6/10
Barème du gore :
Trouillomètre :
C‘est avec une certaine excitation que mon comparse et moi avons commencé à regarder ce film. En effet, le cinéma “survival” anglais étant en plein essor après la très bonne performance de The Descent, voilà que celui-ci nous pond Eden Lake. Tout était censé être réuni pour nous faire passer un bon moment : du gore, de la frousse, une bonne production et surtout une Kelly Reilly en actrice principale (émoustillante dans Les Poupées Russes de Klapish).

Le scénario n’est pas des plus banales. Un couple décide de passer un weekend-end en amoureux autour d’un lac dans un campagne perdue. Tout va pour le mieux jusqu’à l’arrivée d’un groupe d’adolescents fortement dérangeants et pour le moins insolents. Tout bascule lorsque le fiancé de Kelly décide d’aller en découdre avec les gosses pour qu’ils les laissent tranquillement profiter de leur séjour. Bien sur, tout ne se passe pas comme prévu et les jeunes ne se montrent pas coopératifs du tout. Pire, cela tourne finalement au véritable règlement de compte cruel et sanglant.

C’est ici que les Romains s’empoignèrent. On assiste à un véritable concentré de violence et de cruauté à ne surtout pas mettre devant les yeux les plus sensibles. N’attendez pas quelque chose d’extrêmement gore mais plutôt de vraiment malsain. Le genre de film très politiquement incorrect. La haine des jeunes oppresse, l’intrigue ultra réaliste gêne ; il suffit d’ouvrir n’importe quelle journal pour se rendre compte que cette violence sociale décriée dans le film est présente au quotidien dans notre société. Choquant, le réalisateur a parfaitement réussi sa mission et l’on ne peut que saluer cette performance. Il a été jusqu’au bout, aucune concession n’a été faite pour rendre le film “vendeur”.

Le film procure des sensations indéniables, la réalisation est impeccable, le casting parfait mais a-t-on besoin de ce genre de film tellement réaliste dans le milieu des films d’horreur (Saw par exemple n’est pas un film réaliste car il reste une part d’imaginaire) ? Eden Lake se résume en la torture physique et morale d’un joli couple par une bande de gamins haineux non-éduqués. Le problème c’est qu’il n’y aucune lueur d’espoir, aucun optimisme : ce film transpire la noirceur et le chaos. Certains diront justement que ça en fait un bon long-métrage à l’image d’un Orange mécanique de Kubrick. Mais ici, la profonde critique sociale mélangée au genre survival n’a pas été convaincante. Ne fut-ce qu’une once d’happy end aurait fait d’Eden Lake une grosse tuerie.



