C’est une tradition à la fin de l’année : on fait le bilan de ce qu’il y a eu de plus marquant entre le 1er janvier et le 31 décembre. Et il n’y pas de raison qu’Empty Orbit ne s’y mette pas ! Voici donc pour vous, chers lecteurs, un condensé très subjectif de l’actualité horrifique de cette année 2009. On notera, comme tendances générales : le retour des films en vue subjective (Paranormal Activity, Rec, etc.), la faiblesse des films français (Humains est un échec cuisant, et Mutants une demi-déception) et l’incroyable vitalité du cinéma de genre scandinave ! Mais surtout, contrairement à ce que beaucoup peuvent penser ou prétendre, on constate avec bonheur que le cinéma B, que ce soit dans les plus grands cinémas ou dans d’obscurs festivals, est toujours bien vivant et même de plus en plus reconnu, pour notre plus grand plaisir. Trêve de discours : voici notre palmarès argumenté, pour se rappeler de bons ou mauvais films, mais toujours de bons moments :
Le buzz de l’année : Paranormal Activity
Un budget et un casting minimal n’ont pas empêché Paranormal Activity de faire un carton, d’abord aux Etats-Unis, puis chez nous. Le propos et l’immersion proposés y sont particulièrement réalistes, et les scènes terrifiantes sont très proches de ce que chacun peut vivre, au quotidien, dans un accès soudain de paranoïa nocturne. Décrié par beaucoup de puristes, qui le jugent peu effrayant, il a cependant attiré les foules. Empty Orbit a été conquis, et vous ?

Micah et Katie harcelés par un esprit malfaisant dans Paranormal Activity
La suite la plus attendue : Rec 2
Le premier opus de ce qui s’annonce comme une trilogie avait montré un parcours semblable à celui de Paranormal Activity : même mode visuel, même budget réduit, même surprise et même carton. Seule différence : il ne venait pas du pays de l’Oncle Sam mais d’Espagne. Rec proposait une expérience claustrophobique dans un immeuble mis en quarantaine suite à la manifestation d’une maladie inconnue, le tout filmé sur le mode du reportage vidéo, avec comme héros la présentatrice et le caméraman lui-même. Le résultat était particulièrement réussi et effrayant. C’est dire comme l’idée d’une suite relevait du challenge de haut vol ; il s’agissait de ne pas décevoir les fans. Rec 2 était probablement la suite la plus attendue de l’année dans le genre, c’est probablement aussi la plus réussie.

Le terrifiant Rec 2
Le remake de l’année : Last House on the Left
Les remakes sont à la mode, et en particulier ceux qui reprennent les film de Wes Craven, artisan légendaire du thriller horrifique, dont le talent commence seulement à être apprécié à sa juste valeur. Alexandre Aja s’était déjà chargé avec succès du remake de The Hills Have Eyes. Cette fois, c’était Denis Iliadis aux commandes, et on en attendait beaucoup. Le résultat est à la hauteur des espérances : Last House on the Left nouveau cru est malsain et reste fidèle aux tensions psychologiques chères à Wes Craven, tout en bénéficiant d’une réalisation sans faille, d’un casting idéal et d’un rythme soutenu. A voir en version non-censurée pour un effet optimal !

Les chasseurs sont pris en chasse
Le plus mauvais film vu par Empty Orbit : Dead and Gone
2009 n’a évidemment pas été sans échecs, mais le plus infâme qu’il nous a été donné de voir a pour nom Dead and Gone. Vu entre 6 et 8h du matin dans la salle épuisée du BIFFF, il aura été un véritable supplice, mais nous n’avons aucun doute sur son potentiel comique énorme. Tout y est mauvais, voire archimauvais : le jeu des acteurs (en particulier le rôle principal), la réalisation et surtout l’histoire, à dormir debout. Ne vous y méprenez pas : le second degré, loin de nous être inconnu, est peut-être ce que nous préférons pour un film de genre à petit budget. Le problème est que Dead and Gone en est dépourvu. Le film n’a donc vraiment rien pour lui ; reste qu’un « nanar intersidéral » a souvent le don de faire rire par sa médiocrité, mais dans ce cas, il vaut mieux être plusieurs à le regarder.

Notre cher Jack Wade, toujours en train de couper du bois
Le retour au sources le plus réussi : Sam Raimi pour Drag me to Hell
Sam Raimi : un nom agréable aux oreilles des amateurs de classiques de série B autant qu’aux fans de Marvel. C’est en effet au même réalisateur que l’on doit le génialissime Evil Dead (et ses suites), chef-d’œuvre du cinéma bis à petit budget, et la série des Spider-Man. Avec Drag me to Hell, Sam Raimi revient à ses premiers amours, concrétisés avec Evil Dead : l’humour noir, les esprits frappeurs et les scènes gores et/ou absurdes. Il nous conte cette fois l’aventure d’une jeune femme frappée de malédiction par une sorcière maléfique. Drôle, répugnant, saisissant, Drag me to Hell est certes grand public (tout est relatif) mais il est dans la droite lignée des films de genre les plus efficaces, qu’il pastiche en même temps qu’il leur rend hommage. Un « petit » chef-d’œuvre.

L’horrible Ganush à l’action
Les films scandinaves de l’année : Sauna, Let the Right One in, Dead Snow
C’est la tendance de l’année : les films scandinaves ont la cote, et ils ne l’ont pas volé. La preuve avec ces trois productions, pourtant dans des genres assez différents. Alors que Let the Right One in nous conte l’histoire d’une jeune fille vampire sur fond de réalités sociales, Sauna oscille entre l’épouvante fantastique et le film historique. Dans un autre registre encore, Dead Snow joue la carte du délire total avec une attaque de zombies nazis dans un décor enneigé. Brillant dans tous les cas !

Let the Right One in
Le film le plus jouissif de l’année : Dead Snow
Dead Snow fait des références directes ou indirectes à son mentor Braindead (Peter Jackson) mais peut se targuer, d’après nous, sinon d’avoir égalé le maître, de le talonner. En effet, Dead Snow remplit le contrat de la demande du public, dont il comble les attentes, et les surpasse même. Des décors enchanteurs, un scénario simple et absurde, du sang, beaucoup de sang, un humour bête et méchant et des gags à la pelle : que demander de plus ?

Les affreux zombies nazis de Dead Snow !
Le film le plus insipide de l’année : Passengers
Passengers, ou le long-métrage qui aurait pu tout aussi bien ne pas voir le jour, tant il était insipide. Devant Passengers, on est comme un légume, amorphe, dans l’attente interminable et jamais satisfaite que quelque chose d’intéressant se passe, jusqu’au générique final, où ceux qui étaient encore éveillés poussent un profond soupir de résignation mêlé de soulagement, où les corps émergent des fauteuils dans lesquels ils s’étaient enfoncés, où les dos craquent et où les rares commentaires de ceux qui ont encore la force de commenter se résument à : « Quel gâchis ! » Conséquence directe : nous n’avons pas chroniqué Passengers, véritable ramassis de bons sentiments, de clichés, de considérations psychologiques de comptoir et de pseudo-rebondissements aussi peu surprenants qu’ils étaient attendus.

La très jolie mais insipide Anne Hathaway joue le premier rôle dans Passengers
Le film fantastique de l’année : The Midnight Meat Train
Inspiré d’un roman, Midnight Meat Train bénéficie d’un scénario en béton, du moins du point de vue de la tradition du fantastique « façon Stephen King. » Dans un univers urbain nocturne et froid, un photographe en quête de clichés extraordinaires suit la trace d’un serial killer qui sévit dans le métro aux heures les plus sombres. Oppressant, noir et gore, Midnight Meat Train est en plus doté d’un incroyable final, qui termine le film dan une apothéose horrifique choquante.

Le sympathique boucher de Midnight Meat Train
Le film SF de l’année : District 9
Non, le film d’anticipation de l’année n’est pas 2012, mais bien District 9, habile métaphore sur l’Apartheid où les aliens, qui on trouvé refuge en Afrique du Sud, survivent dans des camps indécents, méprisés et traités comme des animaux. Tout change lorsqu’un agent de la société qui a en charge ces camps se voit contaminé par une substance alien, devenant ainsi capable d’utiliser les armes extraterrestres, quasi organiques, et par la même occasion la proie des industries d’armes. District 9 dénonce sans dégouliner de beaux principes, mais offre surtout un pur moment de SF avec de l’action et des effets spéciaux qui claquent (merci Peter Jackson !).

L’apartheid en mode alien !
La scène la plus gore : massacre au motoneige dans Dead Snow
Ce n’est plus un secret pour personne (ou presque) : Empty Orbit aime les scènes qui tachent, où ça gicle, ça tranche et ça déchiquète ! Il ne pouvait donc manquer à ce palmarès le prix de la scène la plus jouissive du genre, et la palme revient sans conteste à Dead Snow, qui renouvèle le bon vieux truc de la tondeuse à gazon utilisé dans Braindead. Cette fois, c’est le dessous d’une motoneige qui broie du mort-vivant (nazi en l’occurrence). Une scène d’anthologie à savourer avec (ou sans) modération, ici en vidéo :
