
2008, réalisé par Pascal Laugier
Note : 10/10
Barème du gore :
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Trouillomètre :
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Il y a en France, et probablement nulle part ailleurs (sinon en Grande-Bretagne), un courant cinématographique qui a pour ambition de rendre au genre horrifique sa fonction première : susciter l’effroi, le malaise, l’interrogation. Avec des films comme A l’Intérieur (Alexandre Bustillo et Julien Maury) ou Haute Tension (Alexandre Aja), le gore a été à nouveau exploité, mais avec une puissance nouvelle et jamais égalée auparavant, comme expression sublimée de l’horreur et du mal-être, et non plus comme un ressort catharsique voire simplement comique.

Avec Martyrs, Pascal Laugier s’inscrit clairement dans cette veine et signe un véritable chef-d’œuvre. Pour réaliser cette peinture violente, à l’ambition ultime, Laugier se sera heurté à bon nombre de refus. Comme il le dit lui-même, le « carriérisme prudent » est hélas encore la règle générale en cinéma. C’est finalement Morjana Alaoui (Anna) et la Mylène Jampanoï (Lucie) qui ont accepté d’incarner les deux héroïnes du film, deux femmes séquestrées durant leur enfance et que l’âge adulte a consacrées l’une comme une âme en peine à l’émotivité violente, hantée par des visions effroyables, l’autre comme une grande sœur sereine, calme, forte. Deux femmes liées plus loin que la filiation, double réponse à l’horreur subie dans un jeu de miroir profond, même si la fin est toujours immanquablement la mort. La vie des deux femmes commence et finit dans la douleur, et il n’y a pas de compromis avec Laugier : l’œuvre doit être totalisante, et se clôturer avec l’extinction de la vie.

Martyrs est une quête difficile à décrypter car ultime : réaliste mais pas vériste, lorgnant sur le fantastique dans la deuxième partie, extrêmement violent, poétique, dur, provocateur mais profond, le film est difficilement descriptible autrement que par des qualificatifs juxtaposés. On ne dévoilera pas l’intrigue tant elle est centrale. On mettra cependant en garde les personnes sensibles. Peut-être ferez-vous partie de ces chroniqueurs (dans des journaux qui se disent sérieux, pourtant !) qui ont quitté la salle avant la fin du film. Si vous n’êtes pas cloisonnés par des préjugés d’une préhistorique bienséance, il y a fort à parier que vous serez profondément secoués par le film, en bien ou en mal.
L’avis de Dam :
Martyrs est une œuvre d’art jusqu’au-boutiste. Une fresque viscérale et transcendantale.
