2003, réalisé par Nicolas Marcus Nispel
Note : 6/10
Barème du gore :

Trouillomètre :

Tiens, encore un remake de film d’horreur culte ! En effet, Massacre à la tronçonneuse de Tobe Hooper (1974), qui avait tant défrayé la chronique à l’époque et marqué une génération entière d’amateurs, fût revisité en 2003 par Marcus Nispel, qu’on a d’ailleurs retrouvé en 2009 avec son deuxième remake, Vendredi 13, sur lequel l’opinion avait tiré à boulets rouges. Force est de constater que la première réédition horrifique du réalisateur est plutôt une réussite malgré la taille de l’enjeu.

Alors, remake entièrement fidèle ou prise de liberté ? Marcus Nispel a eu la présence d’esprit de ne reprendre que le schéma narratif de l’original et a réinventé les personnages à sa convenance. Le résultat semble convaincant dès les premières secondes du film, dans lesquels une bande de jeune en mode « road-trip » revient du Mexique, un kilo d’herbes caché dans une peluche en forme d’agneau, chantonnant ce bon vieux Sweet Home Alabama, tube du moment passant à la radio. Car oui, Nispel a eu la drôle d’idée de nous faire croire que l’action se passe il y a 30 ans, alors que les fringues et les attitudes de nos protagonistes semblent directement calquées sur ceux des jeunes d’aujourd’hui. Mais qu’importe : mis à part cette anachronisme, le tout est relativement crédible.

On entre d’ailleurs dans le vif du sujet immédiatement lorsque la camionnette de ces post-adolescents doit stopper court pour ne pas percuter une jeune fille qui marchait comme une âme en peine sur la route. Celle-ci se révèle être carrément tourmentée, se présentant tel un oiseau de mauvais augure (« n’y allez pas ! »), avant de finir son rôle 3 minutes après en se tirant une balle dans la cervelle, après avoir sorti un revolver d’un endroit un peu spécial (on vous laisse deviner). Nos jeunes, émoustillés par cette affaire, décident après une vive concertation d’avertir les autorités compétentes de ce bled texan paumé : ils tombent sur un vieux détraqué, prétendument shérif, qui semble plus corrompu qu’Al Capone. C’est donc ici que les choses sérieuses commencent, une véritable descente aux enfers les attend ainsi qu’une charmante rencontre avec l’un des plus grands slasher de tous les temps, le sacré Leatherface à la tronçonneuse bien huilée, qu’on verra d’ailleurs à visage découvert pour la première fois dans l’histoire de la série.

On retrouve donc parmi cette bande, notre très chère Jessica Biel, qui à l’époque avait décidément voulu rompre avec son image fille à papa chrétienne de 7 à la maison en faisant un film d’horreur plutôt gore d’une part et en se baladant pendant tout le film à moitié à poil d’autre part. Il faut avouer que la gente masculine dont nous faisons partie sera ravie de cette émancipation tant elle nous montre, au fur et à mesure que le film avance, l’envergure de son talent physiologique. Terminons cette parenthèse « testostéronée » en précisant que le sommet de cette caractéristique se trouve à la fin, quand une pluie torrentielle s’abat sur son pauvre top blanc retroussé jusqu’au nombril.

Malgré un manque de consistance et de perspective scénaristique, ce Massacre à la tronçonneuse est au final assez sympathique. La mise en scène est soignée et nous accorde quelques surprises frémissantes. Là où le réalisateur a vraiment réussi, c’est dans le coté crasseux et malsain des décors qui illustrent un arrière-pays Américain franchement glauque. Le déroulement est bien sûr très classique mais les réactions des personnages sont crédibles, ce qui est plutôt rare dans le milieu du slasher. En effet, mon comparse et moi sommes souvent à genoux devant l’écran, en suppliant régulièrement le héros de ne pas faire telle ou telle connerie. Ici, le tout est cohérent et en se penchant quelques secondes sur le cas Jessica Biel, celle-ci est plus que convaincante dans la peau de cette héroïne au grand cœur et, on peut le dire, aux couilles bien pendues. Une mention spéciale lui a été accordée par le jury d’Empty Orbit : enfin un héros qui prend le temps d’achever et parachever le méchant afin d’éviter des retournement de situations à la mords-moi-le-nœud qu’on a notamment pu voir dans le deuxième Cold Prey. Merci Jessica.