[Rec]
Jean | 28 novembre 2008
2008, réalisé par P. Plaza et J. Balagueró
Note : 9/10
Barème du gore :
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Trouillomètre :
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On le sait, la caméra à l’épaule en style amateur, qui a vu sa première consécration avec The Blair Witch Project, est aujourd’hui plus que jamais à la mode, y compris dans le genre de films qui nous intéresse, puisque the king Romero a suivi le mouvement dans son tout récent Diary of the Dead. La technique a l’avantage de nécessiter moins de moyens qu’un film tourné de façon classique, mais la mise en scène n’en reste pas moins un art, et toute la difficulté est que le document donne une impression de réalisme, c’est-à-dire ici qu’il paraisse ici brut de décoffrage sans aucun montage (ce qui évidemment n’est pas le cas) tout en proposant une histoire qui tienne plus ou moins debout.

Pour [Rec], il s’agissait surtout de terrifier, et c’est réussi ! On suit les tribulations de notre jolie journaliste avec un creshendo horrifique d’autant plus malsain que cela paraît réel. La jeune femme et son collègue caméraman (celui qui filme le document) passent une nuit dans une caserne de pompiers pour suivre le quotidien de ceux-ci. Ils n’auraient pas tant espéré que se produise un événement inhabituel pour étoffer leur reportage, s’ils avaient su ce qui se passerait ensuite… Les deux journalistes suivent les pompiers dans un immeuble où une alerte a été donnée. Au fil d’événements étranges et terrifiants, ils se rendent compte qu’ils sont coincés dans le bâtiment, sans rien pouvoir y faire et surtout, sans rien y comprendre (d’ailleurs, même en tant que spectateur, on a du mal à démêler l’intrigue, mais c’est surtout la trame directe et sa montée en puissance dans l’horreur qui est appréciable).

Le film reprend le vieux thème des morts-vivants, mais dans une optique de vraie terreur (que celui ou celle qui ait déjà eu vraiment peur devant plus de deux films de morts-vivants me jette la première pierre). Le zombie prend ici toute sa dimension dérangeante : c’est son décalage, sa transormation par rapport à un humain bien portant qui effraye. Ainsi bien sur, plus classiquement, que les petits moments qui font sursauter, et même si je vous dis aujourd’hui qu’à un certain moment un type s’écrase sur le sol sans prévenir, vous en serez quand même saisis. La proximité de la caméra et l’étroitesse du lieu où sont confinés les protagonistes font qu’on a l’impression de bien connaître ceux-ci. Leur transformation physique et surtout comportementale n’en est que plus hérissante.
[Rec] perpétue avec talent la tradition, en fait assez ancienne, du document prétendument authentique pour flouter les limites entre la fiction et la réalité. Il suffit de (re)lire la préface des Liaisons dangereuses (1782 !) pour se rendre compte qu’il ne s’agit pas du tout d’un ressort neuf de la narration. Évidement, personne n’était dupe au XVIIIe siècle et personne ne l’est aujourd’hui, mais n’aime-t-on pas se prendre au jeu ?
Pour conclure, sachez qu’un remake américain de ce film espagnol a été réalisé (Quarantine) et qu’un deuxième épisode des mêmes réalisateurs a vu le jour.



